Etape 08 - Amherst

vendredi 25 juin 2010
par  Céline
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  • Amherst NS – Slanley NS / 245 km / 2h24

Déjà la veille, 21 juin, j’avais fait une tentative de départ vers Stanley. Mais voilà, la mer réserve ses surprises. Le temps n’était pas encore très beau, pourtant, vu d’en bas, il semblait volable aux pilotes locaux. La météo aviation, d’une grande qualité, prévoyait la levée de la brume tôt en matinée. Alors, je prépare, adieux chaleureux à Malcom, son épouse et son neveu.

Mais, je ne me suis pas sentie en sécurité. Pour moi, la visibilité n’était pas assez bonne et surtout pas assez établie. Et comme le taux d’humidité restait très important, j’ai décidé de revenir tout de suite, après juste quelques km. L’après-midi améliore sérieusement les choses seulement vers 19h. Pour moi, il n’est plus l’heure de partir.

Après une nouvelle nuit à Amherst, le lendemain, le 22 juin, est nettement plus beau. Réveil de bon matin avec un brouillard à couper au couteau. Je bricole patiemment en attendant les premiers rayons du soleil. Quand ils arrivent, je prends encore le temps de me préparer, je sais que l’amélioration est proche. Pendant ce temps, Malcom tond la pelouse, il la trouve un peu haute ; nous, on aurait attendu encore un peu ! Je profite donc d’un gazon très ras pour m’élancer à l’assaut de cette nouvelle étape.

Cette fois, c’est la bonne ! Enfin, je ne serai pas épargnée par quelques moments de doute quand même, le bord de mer, c’est capricieux, vous savez bien, brise de mer, brise de terre, oui ; mais quand les terres sont prises dans des bras de mer, les repères théoriques sont vite emportés par la réalité. Qu’à cela ne tienne, le beau soleil fait son travail de réchauffement et dissipe peu à peu les résidus de brume.


Mon objectif est de faire le voyage d’une centaine de km s’il était en ligne droite, en longeant les cotes de cette fameuse baie de Fundy, très découpée. Je découvre donc d’abord la baie de Fundy au niveau de ces terres gagnées sur la mer. J’arrive en quelques minutes au Fort Beauséjour, où je découvre sa forme en étoile à cinq branches, ce que je n’avais même pas imaginé d’en bas.


Plus loin, je prends de la hauteur pour passer le gros bras de mer presque circulaire, à son endroit le plus étroit. Autant la baie à cet endroit est rose, autant là, à quelques encablures, la roche est foncée, striée, inclinée, comme une énorme étrille figée verticalement dans l’eau de la baie, prête à griffer toute embarcation qui oserait s’approcher d’elle. C’est l’endroit où existe un trésor de fossiles. Mais je n’en vois rien de si haut, bien sûr !


Le rose et le noir alternent tout du long du vol. Est, sud ou ouest, peu importe, les couleurs, les formes, les roches plus ou moins dures se succèdent dans un long bonheur côtier. Parfois une brume lèche la côte, s’arrêtant juste au rivage et cachant ses splendeurs à mes yeux. Et quelques kilomètres plus loin, elle n’est plus là.



J’étais partie à marée haute mais je vois la mer descendre dans la dernière heure de mon voyage. Dommage, les falaises les plus élevées et déchiquetées sont derrière moi. Des reliefs apparaissent, des bancs de sable rose comme à l’Ile du Prince Edouard remplacent le bleu de la mer, des iles apparaissent, s’étirent, se rejoignent pendant que de véritables rivières de mer emportent avec elles l’eau de ces iles. Pourtant, j’ai volé plusieurs fois en Bretagne, mais je n’avais jamais vu cela de cette manière.



Arrivée à Stanley. Une grande piste en triangle et en herbe. Des hangars et des caravanes. L’aéroport est encore dit avoir des planeurs mais depuis sept ans ce n’est plus le cas, il n’accueille que des avions privés dans une association de pilotes qui s’entendent avec bonheur. J’ai la chance d’y trouver quelqu’un, car la semaine, personne n’y vient. Mais la rénovation du bâtiment club house, nécessitait des travaux de peinture. Donc, je ne reste pas seule au milieu de nulle part. L’ami de Denis qui était susceptible de répondre est en vacances. C’est donc Ray, propriétaire d’un Emeraude, qui va m’accueillir et accepter d’abord que je plante la tente, puis il me propose de rester dans le club house, puis ne pas rester seule et il me met en communication avec sa femme pour organiser les choses de manière confortable. Ils ne sont pas rassurés non plus de me savoir seule à l’aérodrome. Il trouve une place dans un hangar pour Charlie car le vent devrait souffler cette nuit.

Et c’est la route pour Halifax où ils habitent. 50mn quand même. Après le repas, ils m’accompagnent visiter la vile d’Halifax. Je suis médusée, je ne m’attendais pas à cela. Une ville portuaire avec un longue histoire, celle des premiers colonisateurs, celle des pêcheurs de morue, celle aussi d’une situation particulière avec ses énormes bassins intérieurs naturels qui assurent une vocation militaire à la ville. Une citadelle sera construite mais ne servira pas car le port ne sera jamais attaqué.

En 1917, début décembre, une énorme explosion est produite par la collision (suivie d’une feu) de deux bateaux dans le goulet entre port et bassins, dont un bourré de munitions et d’explosifs. Un quartier entier est pulvérisé. La détonation sera entendue à 400 km de là. Les morts et les blessés se comptent par milliers. Comble de malchance le lendemain une tempête de neige recouvre les blessés qui n’ont pas encore été retrouvés et monte le chiffre à deux mille morts. Des milliers de personnes ont perdu la vue du fait de l’explosion des vitres de toute la ville. La ville de Boston leur viendra en aide.


Pendant la seconde guerre mondiale, le port d’Halifax a joué un rôle important. De nombreux navires s’y sont préparés à l’abri des regards grâce à ses bassins intérieurs. Les sous-marins allemands ont infiltré ces bassins. La marine canadienne est installée dans le port.br>


Une belle ville qui vit le soir, une ville qui accommode les anciennes résidences et les constructions hyper modernes, une ville où plusieurs universités existent, où des recherches importantes ont lieu, pourvue d’hôpitaux à la pointe du progrès…

  • Amherst NS - NS Slanley ; 245 km ; 2:24

Already yesterday, I made an attempt to start to Stanley. But now, the sea provided its surprises. The weather was not very nice, however, seen from below, it seemed flyable with local pilots. Aviation weather, high quality, provided for the lifting of the fog early in the morning. So, I prepare. Warm farewell to Malcolm, his wife and nephew.

But I did not feel safe. For me, the visibility was not good enough and certainly not enough established. And as the humidity was very important, I decided to go back immediately, after just a few miles. The afternoon seriously improves things only to 19h. For me, it is too late to go.

After another night in Amherst, the day is much more beautiful. Wake up early morning fog is here. I tinker patiently awaiting the first rays of the sun. When they arrive, I still take the time to prepare myself, I know that improvement is near. Meanwhile, Malcolm mows the lawn, it’s a bit high, we might have waited a little longer ! I now take a lawn dart very flush to the onslaught of this new step.

This time it’s good ! Finally, I will not be spared a few moments of doubt when even the sea is fickle, you know, sea breeze land breeze, yes, but when the lands are taken into inlets the theoretical benchmarks are quickly washed away by reality. Never mind, the beautiful sun does its job of warming and dissipates gradually residues mist.

My goal is to travel a hundred kilometers if in a straight line, along the coast of the famous Bay of Fundy, jagged. So I first discovered the Bay of Fundy at the land reclaimed from the sea within minutes I arrive at Fort Beauséjour, when I discovered his form in five-pointed star, which I had not even imagined from below.

Further, I take the height to pass the wholesale arm of the sea almost circular, its narrowest point. Both the bay at this place is pink, as here, two blocks away, the rock is dark, ridged, sloped, like a giant comb fixed vertically in the water of the bay, ready to scratch any vessel that dares to approach it. This is where there is a treasure of fossils. But I do not see anything so loud, of course !

The pink and black alternate all along the flight. East, south or west, no matter the colors, shapes, more or less hard rocks alternate in a long coastal happiness. Sometimes a mist licks the coast, stopping just to shore and hid its splendor to my eyes. And a few miles away, it’s gone. I had left at high tide but I see the sea off in the last hour of my trip. Too bad, the highest cliffs and jagged are behind me. Reliefs appear pink sand banks as the Prince Edward Island replace the blue sea, islands appear, stretch, meet while real rivers sea carry with them water from these islands . However, I flew several times in Britainy, but I had never seen it this way.

Arrival in Stanley. A great track triangle and budding. Sheds and caravans. The airport is also said to have gliders but seven years is no longer the case, it only accepts private planes in an association of pilots who agree with happiness. I was lucky to find someone, because the week, nobody comes. But the renovation of the clubhouse building, required painting. So I do not stay alone in the middle of nowhere. The friend of Denis who was likely to meet is on vacation. So Ray, pilot and Emeraude’owner, who will greet me and to accept at first that I pitch a tent and then he offered me to stay in the clubhouse, then to not be alone and it puts me in contact with his wife to organize things comfortably. They are not reassured to know the airfield. He finds a place in a hangar for Charlie because the wind will blow tonight.

And this is the way to Halifax where they live. 50 minutes anyway. After lunch, they visit with me Halifax. I’m dumbfounded, I was not expecting that. A port city with a long history of the earliest settlers, cod fishery, it also has a special situation with enormous natural inland basins that provide military role in the city. A fortress is built, never used because the port will never be attacked.

In 1917, early December, a huge explosion is produced by the collision in the fog (followed by a fire) two boats in the channel between port and basin, including one stuffed with ammunition and explosives. An entire neighborhood is sprayed. The blast will be heard 400 miles away.

The dead and wounded run into thousands. To make matters worse the day after a snowstorm covered the wounded who have not yet been found and the figure rises to two thousand dead. Thousands of people have lost their sight due to broken glass across the city. The city of Boston will come to their aid.

During the Second World War, the port of Halifax has played an important role. Many vessels are prepared for it out of sight thanks to its indoor pools. German Uboats have infiltrated these basins. The Canadian navy is installed in the port.

A beautiful city that lives at night, a city that accommodates the old homes and buildings hyper modern, a city where there are several universities, with important research in hospitals...


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mardi 28 mai 2013

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