Etape 12 - Port Hawkesbury/Margaree

mardi 6 juillet 2010
par  Céline
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  • 6 juillet – Margaree NS

Depuis une semaine, je me repose chez Slawa, je prends mon temps. Je vis des moments calmes et de rencontres multiples. Le lieu de vie de Slawa est paisible, retiré dans un vallon habité par elle seule, au milieu des bois, traversé par une petite rivière. Je découvre la personne et son mode de vie, en été. Elle entretient de nombreuses relations toutes aussi extraordinaires les unes que les autres d’un milieu intellectuel de très haut niveau.


Le lieu invite aux promenades dans les bois malgré les horribles mouches noires. Elles sont minuscules, se faufilent partout, adorent les plis derrière les oreilles par exemple (on ne savait même plus qu’il y en avait là) , les tuyaux (nez, oreilles, yeux..), l’ombre de la racine des cheveux. Elles vous piquent et quand vous en prenez conscience il est souvent trop tard, vous vous retrouvez avec les oreilles en feu, la paupière explosée, la narine envahie… et la douleur irritante assaille votre intelligence !

Malgré tout, la promenade peut procurer différents plaisirs ; celui du partage avec John par exemple, 90 printemps, un biologiste de renommée mondiale ; celui de l’aventure de la rencontre, on croise des geais bleus, des écureuils qui tentent de vous impressionner, vous faisant croire que vous avez empiéter sur leur territoire et surtout vous mettant en demeure d’en déguerpir au plus vite. On voit des traces de gros animaux et on prend conscience que l’animal, lui, n’est pas forcément très loin et vous a peut-être vu sans que vous le sachiez. Un ours ? un orignal ? On se prend à jouer au trappeur des premiers temps sur le continent américain, à essayer de repérer ce qui, dans la trace va permettre de donner des indications, à observer le sens du vent pour savoir dans quel sens l’animal sera surpris, ou vous a fuit, à écouter des cris et des chants d’oiseaux inconnus, à les interpréter, à sentir des flagrances inconnues...



Et puis, l’observation de là où on met les pieds amène aussi à voir des drôles de plantes inconnues. Des orchidées, (Cypripedium acaule et Cypripedium arietinum) sabot de Vénus ou tête de bélier, mais aussi des plantes saprophytes (indian pipe) qui longent les racines des arbres, genre de gelée blanche qui ne prendront jamais la couleur verte.


A l’occasion vous verrez voler un aigle, qui se délecte des saumons qui remontent la rivière pour y frayer puisqu’ils ont vu le jour ici et que Dame nature leur a transmis le message d’aller se reproduire chaque année là où ils sont nés et d’y mourir parfois… d’épuisement. Le bald eagle ou pygargue, l’aigle symbole des Etats-Unis, réside, entre autre, dans l’ile du Cap Breton, il y est protégé car sa population diminue. Le pygargue a pour habitude de nicher chaque année dans le même nid qu’il retape un peu avant d’y pondre, en avril. Les petits ne voleront pas avant fin aout, début septembre. Cette année, Slawa a pu voir à l’aide du télescope de John, deux petits dans le nid qui se trouve de l’autre coté de la combe, loin devant sa maison, et puis ils ont disparu. Elle ne comprend pas ce qui a pu se passer. Il arrive que l’un des petits chasse l’autre, mais que les deux disparaissent ensemble lui semble incompréhensible.


Les écureuils roux sont nombreux, ils habitent en forêt autour de la maison mais ils apprécient particulièrement les graines que Slawa met à disposition des oiseaux et autres petits rongeurs. Le chipmunk ne vient manger qu’après que l’écureuil ait quitté la place car ce dernier est dominant. J’ai pu assister à des batailles d’écureuils, ils sont incroyables !


Les geais bleus sont attirés aussi par les graines. Ils sont extrêmement farouches et je n’ai pas encore réussi à les approcher suffisamment pour en tirer un portrait correct. L’écureuil les tient en respect mais ils arrivent quand même à lui voler quelques graines. J’ai aussi pu voir des renards, au port de Margaree. Un soir, après une promenade sur le sable, nous sommes allés là où nous savions en trouver.


A quand les baleines ? vendredi, le rendez-vous est pris ! Hier, je suis allée en ville avec Angela. Direction Baddeck par la route. Je suis impatiente de découvrir par la voie des airs le cœur de l’ile et son lac Bras d’Or, c’est remis au futur beau temps ; pendant ce temps Charlie attend à l’aérodrome, couvert et aile basse.


A Baddeck, nous avons visité le musée Alexander-Graham-Bell, l’inventeur du téléphone. C’est aussi ici, et avec son impulsion qu’a eu lieu le premier vol officiel au Canada le 23 février 1909. L’année dernière avaient lieu les commémorations du centenaire. Bien sûr, la même année, en France Louis Blériot traversait la Manche, mais il faut bien commencer un jour, et pour le Canada, c’est le Silver Dart (flèche d’argent) piloté par Mc Curdy qui eut l’honneur de faire un vol sur le lac, gelé à cette période mais une excellente piste ! « après une distance d’envol de 30 m,… [il] vole à une altitude variant de 3 à 9 m à une vitesse approximative de 65 km/h sur 800 m ». AG Bell fut aussi l’inventeur (avec tout un cercle d’intéressés car associer tous les volontaires faisait partie de sa conception de la création et de l’invention) de l’hydroptère HD4 qui eut le privilège d’être le vaisseau le plus rapide au monde avec ses presque 120 km/h….


En attendant, je découvre les douceurs locales et le homard. On le mange ici de différentes façons. Comme en France, chacun peut décortiquer la bête bleue rougie avec un casse-noix. La différence majeure, quand même réside dans le fait qu’ici, il est mangé chaud, au sortir du bouillon ! Les variantes commencent alors entre tremper les morceaux dans le beurre fondu salé ou dans une sauce légère mayonnaise à la crème fraiche teintée d’ail. Toujours avec salade verte et parfois avec salade de pommes de terre avec œufs durs et cornichons. Mais le plus courant reste le sandwich au homard car vous pouvez vous en procurer un peu partout, les places n’ont pas toutes la même réputation ! Vous choisissez la qualité du pain (il s’agit de pain type tartines de pain carré vendu sous plastique dans les super marchés en France !) et on vous le fourre de homard en petits morceaux nappé dans une sorte de mayonnaise légère, une feuille de salade et le tour est joué, vous pouvez déguster votre sandwich dans la rue ou en voiture ! Hier, Bob nous a fait une nouvelle recette : décortiqué en cuisine, émietté, le homard est mis a réchauffer très doucement dans le beurre, poivré, au dernier moment la sauce est rallongée à la crème fraîche entière et le tout est installé sur des canapés de pain rôti (toujours pareil) et servi avec salade verte. Je me suis régalée avec toutes les façons ! Le homard reste le homard à condition qu’il ne soit pas tué par des aromates qui auraient plus de parfum que lui.


Je dois dire que Slawa la physicienne est une fine cuisinière et j’ai pu déguster un magnifique coq au vin ! et oui, ici aussi. Mais elle a eu des bases solides en Europe, il lui en reste au moins les 8 ou 10 langues parlées, le goût du bon vin et la cuisine du terroir… Voilà pour aujourd’hui, si le temps le permet, demain vol !

  • 1er juillet. 12ème étape : Port Hawkesbury/Margaree -334 km – 3h30

Les prévisions de beau temps sont noyées dans le brouillard quand je me réveille à 6h, on ne voit même pas le chantier de gypse de l’autre côté du bras de mer, on n’entend même plus les roches tomber ! C’est le quatrième jour. Déçue, je prends mon temps pour me préparer. Et le temps s’éclaircit comme par magie, montrant des couleurs que je ne soupçonnais même pas…


John m’accompagne à l’aéroport. Allan et sa femme Sarah sont au travail. Allan me montre son carnet de vol, il totalise 21.870 heures de vol et la mention du passage de Hubert de Chevigny et Nicolas Hulot début mai 1987 à Resolute. Si Nicolas Hulot était bien en Mistral, Hubert de Chevigny quant à lui, pilotait un Avid Flayer.

Préparation habituelle. C’est toujours un peu long, mais la rigueur est indispensable. Aucune étourderie n’est permise dans l’agencement du paquetage. Commentaires, photos, et adieux. Je profite de la liberté qu’Allan a prise de tondre les abords de piste d’une manière particulière (60°) pour favoriser des décollages sécuritaires pour les avions légers en cas de vents de travers. J’ai décollé avant même d’arriver à la mi-piste régulière.


Un peu de brume stagne encore. Vers le nord, la lumière semble meilleure. Après un passage vers la montagne décapitée par l’extraction de la pierre au plus court du détroit, la vue sur l’écluse, je prends la direction du nord. A partir de là, commence un merveilleux voyage. La côte, l’océan, la lumière, la montagne tombant dans l’océan et le haut plateau, les phares, les ports tous différents, les iles, tout est fabuleux. Je tourne et contourne, je prends mon temps et mon plaisir à passer, traverser, survoler, revenir… un parcours sans autre but que celui de découvrir et prendre son bonheur et bien sûr de voler dans les circonstances du moment.


J’ai bien fait de décoller tôt. Vers treize heures, les cumulus s’accumulent déjà, surtout à l’Est. Ils sont compacts de loin. Au point que finalement j’abandonne l’idée d’aller à l’Est les rejoindre et je retourne vers le sud puisque le ciel y est dégagé. Enfin presque, car au-dessus de chaque vallée profonde stagne maintenant une rue de nuages qui n’était pas là quand je suis passée précédemment.

Le bleu de l’océan est extraordinaire, le relief majestueux, les cotes (chaque avancée m’en fait découvrir une nouvelle) sont magnifiques. Chaque ile est une invitation à la découverte.


Je scrute l’océan à la recherche des baleines ou des dauphins, mais quand je peux voler bas, l’espace n’est pas assez sauvage probablement et quand il est sauvage, je dois voler haut pour rester en sécurité… le compromis verse sur la sécurité d’abord. Je ne peux pas faire plusieurs milles en mer au ras des flots ! C’est mon choix, du simple fait que je suis seule.

J’aime les paysages de brousse, mais quand en plus, ils sont associés au bord de mer et au relief de la montagne, le niveau de plénitude atteint est immense. Mais je reste stupéfaite de constater qu’en haut des montagnes, sur leur plat rasé d’un seul revers de main géante, les marécages, les lacs, affleurent comme en brousse alors que peu de mini-torrents dévalent les pentes de ces montagnes élevées d’environ 1800 ft soit 500m. Les combes sont profondes, la forêt ténue, peu de pierre affleure mais quand elle apparaît c’est par roche énorme.


Là, le vent est important et les cumulus qui se sont formés créent des turbulences fortes. Comme d’habitude, je choisis de suivre les routes au cas où mon moteur aurait une défaillance. Et donc je subis ces turbulences qui pourraient ne pas exister si je volais au-dessus de l’océan. Mais les pentes, les rochers à leur pied, les falaises, la forêt immédiate me font opter pour la route qui rentre un peu dans les terres. Pour leur échapper quand même, je grimpe. Et me voilà transie. Je retourne donc d’où je viens à une altitude très supérieure. Je me délecte de ces paysages, de ces cotes, des ports, des quelques villages qui les bordent. Je tente de repérer une piste privée, surtout à Chéticamp, où j’ai eu la surprise de voir des drapeaux acadiens, il y en avait même un dans un champ de vaches ! Rien, aucune terre ne me laisse penser que je puisse m’arrêter là sans autre raison que celle de rencontrer des personnes dans un lieu aussi étonnant. Alors, après avoir tourné et retourné, j’abandonne l’idée de m’arrêter en territoire francophone d’Acadie. Et je continue, je retourne vers Baddeck, au milieu de l’ile.


Je m’aperçois alors que ma carte mémoire de l’appareil photo est déjà presque pleine, je dois en changer. Le prochain aéroport est Margaree. On m’avait prévenue, à Margaree, il n’y a personne, c’est au bout du monde. Tant pis, je peux toujours atterrir, mettre une nouvelle carte dans l’appareil photo, satisfaire un besoin naturel, me réchauffer, attendre que les cumulus soient moins vivants comme dirait Michel de Losne (ah bon, il est noble ? de cœur, certainement ! ). Wind sock (manche à air) perpendiculaire piste. Attéro musclé dans les turbulences et le vent de travers, la piste en dur n’est pas large et au-delà ce ne sont que cailloux, il faut absolument viser fin…


Je m’arrête devant la petite maison qui peut me faire penser à un club house, 3 mini-hangars se trouvent au bout. La chaleur me saisit. Je n’ai pas le temps de descendre de mon siège (il faut dire qu’il me faut quand même quelques minutes pour tout arrêter, déconnecter la radio, remettre ma sécurité de parachute, sortir la ceinture, etc.) qu’une voiture s’arrête à distance relativement éloignée. Un curieux ? La personne prend des photos de la piste…


Je constate que le club est clos comme tous ceux de l’Est. Autant à l’ouest, tous les clubs sont ouverts ou leur ouverture est codée pour que tout pilote puisse y accéder, autant à l’Est, tout est fermé ou le sera dès le départ des personnes qui y travaillent. La seule exception que j’ai connue, c’est à Bonaventure QC où l’aérogare reste ouverte la nuit. Je me mets en devoir de défaire mes affaires pour trouver une carte mémoire vierge. Je n’avais pas prévu cela car c’est la première fois que ça m’arrive. Elle est donc au plus profond d’une de mes sacoches ce qui lui permet d’être à l’abri de toute humidité ou même de pluie au cas où j’en rencontrerais. C’est dans cette position, tous sacs sortis que Slawa s’approche de loin pour demander si elle peut prendre une photo. Puis s’approche un peu plus pour poser juste une ou deux questions. Quand elle comprend que mon anglais est approximatif, elle me parle dans un français teinté d’un accent slave chantant.

Slawa est venue faire des photos de la piste qui lui remémore de bons souvenirs remontant à de nombreuses années. Le hasard a fait qu’elle est arrivée quelques trois minutes après que je me sois posée.

The weather forecasts are buried in the fog when I wake up at 6am. I do not even see the site of gypsum on the other side of the inlet can be heard even falling rocks ! Disappointed, I take my time to prepare. The fourth day of fog. And the weather cleared as if by magic, showing colors that I do not even suspect ...


John accompanied me to the airport. Allan and his wife Sarah are on business. Allan showed me his logbook. He totals 21,870 hours of flight and references to the portion of Hubert de Chevigny and Nicolas Hulot in 1987 in Resolute. If Nicolas Hulot was well flying a Mistral, Hubert de Chevigny meanwhile, was flying an Avid Flayer.

Preparation usual. It’s always a little long, but the rigor is essential. No folly is permitted in the arrangement of the package. Comments, pictures, and farewell. I take the liberty that Allan had taken to mow around the track in a special way (60 degrees) to promote safe takeoffs for light aircraft in case of crosswind. I took off before middle way of ususal runway.


A bit of mist still stagnating. Toward the north, the light seems better. After a passage to the mountains decapitated by the removal of the stone shorter Strait, the view of the lock, I’m headed north. From there begins a wonderful journey. The coast, ocean, light, mountains falling into the ocean and the high plateau, lighthouses, ports all different, the islands, everything is fabulous. I turned round and I take my time and my pleasure to pass, cross, fly back ... a journey with no other purpose than to discover and take your happiness and of course fly in the prevailing circumstances.

Well I did take off early because about one o’clock, cumulus clouds accumulate, especially in the East. They are compact far. At that point I give up finally to join them to the East and go back to the south as the sky is clear. Almost, because on top of each valley deep stagnant now a street of clouds that was not there when I went previously.

The blue ocean is amazing, majestic terrain, the ratings (for me every step reveals a new one) are beautiful. Each island is an invitation to discovery.

I scan the ocean in search of whales or dolphins, but when I can fly low, space is probably not wild enough and when it is wild, I’m flying high to stay safe ... compromise on pay Safety first. I can not do many miles at sea on the waves ! it’s my choice, simply because I am alone.

I love the landscapes of the bush, but when in addition, they are associated with sea and mountain terrain, the level of fullness is attained immense. But I am amazed to see that mountain top, flat on their shaved one side of a giant hand, swamps, lakes, crop out in the bush while little mini-torrents rush down the slopes of these mountains high about 1800 ft or 500m. The valleys are deep, thin the forest, few stone outcrops but when it appears it is by huge rock.

There the wind is important and cumulus formed create severe turbulence. As usual, I choose to follow the road if my engine would fail. And so I suffered the turbulence that might not exist if I was flying over the ocean. But the slopes, the rocks at their feet, the cliffs, the forest immediately make me opt for the road that goes a little inland. To escape them even when I climb. And I am numb.

So I go back to where I am, a much higher altitude. I revel in these landscapes, these ratings, ports, some villages that border. I am trying to locate a private airstrip, especially in Cheticamp, where I spotted Acadian flags, even in a field of cows ! Nothing, no land left me thinking that I could stop there for no other reason than to meet people in a place as amazing . So, after tossing and turning, I abandon the idea of stopping in French territory of Acadia. And I go, I return to Baddeck in the middle of the island.

I realize my memory card while the camera is already almost full. I must change. The nearest airport is Margaree. They warned me, Margaree, no one, is at the end of the world. Too bad I can always land, put a new card in the camera, satisfying a natural need, warm me, wait for the cumulus as seems to be less alive like Michel of Losne says (really, it is noble ? Heart, certainly !). Wind sock perpendicular runway. Landing muscled in turbulence and crosswinds, the paved runway is thin and beyond these are only stones ...

I stopped at the little house that can make me think of a clubhouse, three mini-hangars are located at the end. The warmth came over me.

I do not have time to get out of my seat (I must say that I still need a few minutes to stop everything, unplug the radio, put my safety parachute, leaving the belt, etc.). A car stops at relatively far distance. A curious ? The person taking pictures of the track ...

I note that the club is closed as all those in the East. As far west, all clubs are open or opening is coded for all pilots to access it. To the east, everything is closed or will at the outset of the people working there. The only exception I known it at Bonaventure QC where the terminal is open at night.

I’m on duty to undo my business to find a blank memory card. I had not expected this because this is the first time it happens. It is the deepest one of my bags which allows it to be free of any moisture or rain even if I meet. In this position, all bags comes out as Slawa far to ask if she can take a picture. Then comes a little more to ask just one or two questions. When she realized that my English is rough, she speaks in a French accent tinged Slavonic singing.

Slawa came to take photos of the runway that reminds him of good memories going back many years. As luck would have it arrived some three minutes after I’m landing.


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mardi 28 mai 2013

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