Etape 18 - Stanley/Grand Falls

jeudi 5 août 2010
par  Céline
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  • Etape 18 - 28 juillet 2010 – Stanley NS – Grand Falls NB – 454 km 5h18

Lever tôt. Seely part la première à 6h30, Dave et moi vers 7h. Il travaillera vers 8h. Pour une fois, ce sera un départ tôt le matin, ce n’est pas pour me déplaire, d’autant plus que le vent doit se lever dans la matinée et que je n’ai pratiquement que du vent de face sur le trajet prévu. J’ai d’ailleurs envisagé toutes les possibilités de me poser avant Grand Falls s’il le faut, et il n’en manque pas.


Les préparatifs sont courts car je n’ai pas eu à baisser l’aile de Charlie, ni a sortir beaucoup d’affaires, Charlie était sous bonne garde et Dave et Seely ont mis à ma disposition tout le nécessaire. J’avais préparé ma route au lever. Donc départ tôt avant que les habitants des caravanes ne se réveillent, quand même un voisin et son fils sont venus voir Charlie décoller. On se quitte comme si on s’était toujours connus ; je serai bien restée plus aussi, surtout que la météo ne sera pas bonne vendredi… mais j’ai d’autres amis à revoir, Julie et Gilles à Marathon, Edith et Perry à Winnipeg, Rick à Saskatoon, je ne vais jamais arriver à les voir tous…


Les premiers moments sont déjà agités. Retour, ou pas ? Je continue quand même, il faut essayer car si on retourne il faut aussi bien vivre le beau temps et l’absence de vol. C’est décidé, je continue. La baie de Fundy est à marée basse. Je dois en traverser deux bras, l’un de sept km et l’autre de 10 aux points les plus étroits. Je prends au plus court. Je grimpe jusqu’à 6500 ft, ça me laisse une bonne marge de sécurité. Le temps est clair, mais à cette altitude, je me retrouve au niveau d’une fine couche de stratus, du coup, je sens une fraîcheur piquante et humide sur les doigts. Je n’avance plus qu’à 70km/h. Quand j’ai passé les deux bras de la baie, je suis tout de suite dans la forêt et je dois reprendre mon habitude de suivre la route. Les paysages sont malgré tout nouveaux, et beaux. Finalement, au Canada, la brousse est partout mais toujours différente, même si elle garde les quatre mêmes caractères principaux : forêt, lacs, marécages et pierre.


Et puis, la montagne diminue et laisse apparaître une vallée industrielle. Je suis étonnée, la carte ne m’avait pas laissé imaginer cela ! Alors je découvre, encore et encore. Je découvre d’autant plus que le vent souffle fort ce qui ralentit ma progression et me laisse aussi plus de temps pour voir, admirer, comprendre, et penser à mon vol aussi.

Mais aujourd’hui, il y aura peu de photos, d’une part ce n’est pas aussi spectaculaire que les cotes maritimes, mais surtout c’est très vivant et je dois garder les deux mains sur la barre. Et troisième raison, c’est que la brume réduit peu à peu la qualité des prises de vue.

Mon trajet doit prendre en compte un certain nombre de contraintes aériennes du fait d’une zone militaire, et oui, il y en a quelques unes aussi ici, et un peu plus loin ce sera la frontière avec l’état du Maine. Et comme vous le savez depuis un certain 11 septembre, la paranoïa enfle. Un nombre de mesures exorbitantes ont été négociées entre les deux pays voisins pour « assurer » ce qu’on appelle la sureté de nos pays.


Je suis donc cette vallée de la rivière St-John avec les yeux de la découverte, teintée de celle de la sécurité. Je me suis aguerrie à prendre des risques, il faut dire que Charlie est d’une constance sans faille. Alors les contournements de zones de contrôle sur la ligne du tracé, çà me connait, même si en dessous je ne vois que des marécages où je peux imaginer grouiller les croco, oui, je sais, j’ai l’imagination fertile, mais on ne sait jamais avec le réchauffement… et puis je m’appelle Odile ! En tout cas, je n’ai vu ni orignal ni ours dans cette partie de brousse sans route.

Le vent est dur, je m’arrêterais bien, mais je trouve toujours quelque chose qui m’en empêche, piste en gravel, j’en ai vu quand même cinq ce qui est un record, ou je ne vois pas de manche à air, ou l’orientation de la piste est mauvaise.


Et quand de place en place, j’arrive quand même à Grand Falls, après cinq heures de vol difficile, je découvre avec horreur que le vent est travers piste, 70° environ… là, de toute façon, il faut bien y aller parce que le carburant va manquer rapidement. Les rafales sont fortes, je réfléchis, j’essaie de leur trouver une fréquence pendant mon tour de piste. Elle est fine, en dur et sans cotés qui me permettraient de tricher un peu. Il faut y arriver sans catastrophe qui mettrait fin au voyage… atterrissage un peu dur mais réussi.

Je roule jusqu’aux installations qui sont importantes. Il doit bien avoir quelqu’un mais je ne vois personne. Je choisis une place sur le gazon en dehors des avions pour installer Charlie au plus vite en position de sécurité. Les piquets (ceux réalisés par Bernard ! ils sont parfaits), les sangles, sortir le gros sac du siège arrière, le frein, l’axe du mat, les rafales me font vaciller avec la barre à la main, c’est sportif. Quand j’ai réussi, je prends quelques minutes pour me dévêtir car il fait au moins 30°C. Je commence à enfoncer mes piquets, c’est comme dans du beurre, je peux les enfoncer complètement à la main ! Et quand je mets la première sangle, je sursaute par la présence de quelqu’un que je n’avais pas vu ou entendu venir. C’est Bertrand, l’ingénieur et un des pilotes du lieu, retraité certes mais toujours au travail de la concession Cessna.

Il est médusé et amusé. Une seule préoccupation, mettre Charlie à l’abri dans un hangar car il pense que le vent est trop fort pour lui dehors. Je suis soulagée aussi.

Finalement Bertrand me propose de monter la tente dans le hangar, puis de venir à la maison manger un bout, puis de m’installer dans la maison, et je vais passer deux jours avec eux car le lendemain, le vent est trop fort pour partir, du même type que celui par lequel je me suis posée hier. Le ciel de traîne n’a pas le temps de traîner ! 50 km/h et rafales de 70.


Raymonde, la femme de Bertrand est une ancienne aviatrice professionnelle, elle a pris sa retraite à 60 ans. Elle faisait toutes les opérations habituelles en Nouveau-Brunswick, de pompier volant au traitement des « patates ». Et oui, ici, comme au Québec, on ne parle jamais de pommes de terre mais de patates. Les traitements des champs de patates sont maintenant interdits depuis 3 ans et des 4 avions de traitement, il n’en reste plus qu’un, à vendre. Je fais la connaissance de Claude le propriétaire des installations, un homme gentil comme tout, qui n’arrête jamais. Le lendemain, je visiterai ses propriétés nombreuses car il est un exemple de personne laborieuse qui a su gérer avec intelligence un patrimoine dont il a hérité et qu’il a su faire prospérer dans divers domaines : le traitement des patates, le stockage, le transport, la construction de containers, l’immobilier, etc.




Le lendemain, ciel de traîne, mais qui ne prenait pas le temps de traîner ! vents de 25 kt avec rafales de 40. On ne sentait pas le moisi !

Step 18 to 28 July 2010 - Stanley NS - NB Grand Falls - 454 km 5:18

Up early. Seely from the first at 6:30, Dave and I around 7am. He will work around 8am. For once, it will be an early morning departure, it is not displease me, especially since the wind must stand up in the morning and I almost did that the headwind on the intended journey . I also considered all possibilities before Grand Falls asking me if necessary, and there is no lack.

Preparations are short because I have not had to lower the wing of Charlie, or leave a lot of business, Charlie was under guard and Seely and Dave have provided me with everything I need. I prepared my way to sunrise. So start early before people woke up caravans, even a neighbor and his son came to see Charlie take off.

We leave as if we had always known, I shall be stayed longer so, especially since the weather is not good Friday ... but I have other friends to see Julie and Gilles Marathon, Edith Perry Winnipeg, Saskatoon Rick, I’ll never get to see them all ...

The first moments are already restless. Back or not ? I continue anyway, we must try because if we go back we must both live the good weather and the lack of flight. I’ve decided to continue. The Bay of Fundy at low tide. I have to cross two arms, one of seven kilometers and another 10 points closer. I take the shortest route. I climb up to 6,500 ft, it leaves me a good margin of safety. The weather is clear, but at this altitude, I found myself in a thin layer of stratus, suddenly I feel a fresh hot and humid on the fingers. I advance more than 70km / h. When I passed the two arms of the bay, I am immediately in the forest and I’m back to my habit of following the road. The landscapes are still new and beautiful. Finally, in Canada, but around the bush is always different, even if it retains the same four main characters : forest, lakes, swamps and stone.

And then, the mountain and shows a decreasing industrial valley. I’m surprised, the card does not let me imagine that ! Then I discovered, again and again. I discovered more than a strong wind which slows my progress and also gives me more time to see, admire, understand, and think about my flight as well.

But today, there are few photos on the one hand it is not as spectacular as the coastlines, but more importantly it is very alive and I’m keeping both hands on the bar. And the third reason is that the fog slowly reduced the quality of shots.

My journey has to take into account a number of constraints due to air a military zone, and yes, there are also a few here and a little further will be the border with Maine. And as you know for some September 11th, paranoia swells. An exorbitant number of measures have been negotiated between the two neighboring countries to "ensure" is called the safety of our country.

I am following the valley of the St John Eye of the discovery, tinged with that of security. I’m inured to take risks, we must say that Charlie is a seamless consistency. While working around areas to control the line of route, here knows me, although I do not see below that swamps where I can imagine them crawling crocodile, yes, I know, my imagination is fertile, but never know with global warming ... and then I’m Odile ! In any case, I have seen no moose or bears in this part of the bush with no roads.

The wind is hard, I would stop well, but I always find something stopping me, gravel track, when I saw even five which is a record, or I do not see a windsock or the orientation of the track is too bad.

And here and there when I arrive in Grand Falls, when, after five hours hard, I discovered with horror that the wind is through trail, about 70 ° there ... anyway, I have to go there because that the fuel will quickly run out. The gusts are strong, I think, I try to find a frequency for my approch. Runway is thin, hard and without sides that would allow me to cheat a little. I must do it without disaster that would end the trip ... landing a bit hard but successful. I drive up facilities that are important. There must be someone but I do not see anyone. I chose a spot on the lawn outside the aircraft to install Charlie faster in a safe position. The stakes (those made by Bernard ! They are perfect), straps, leaving the big bag from the back seat, the brake, the axis of the mast, the gusts make me waver with the bar in hand, it is sport. When I succeeded, I take a few minutes to undress because he makes at least 30 ° C. I begin to sink my posts, it’s like butter, I can push them completely by hand ! And when I put the first strap, I’m startled by the presence of someone I had not seen or heard it coming. Bertrand is the engineer and one of pilots of the place, although retired but still working the concession Cessna. He is stunned and amused. One concern, Charlie put away in a hangar because he thinks the wind is too strong for him outside. I’m also relieved.

Finally Bertrand am proposing to erect the tent in the hangar with Charlie, then come home to eat, then I moved into the house, and I will spend two days with them because the next day, the wind is too strong to go the same type as that on which I asked yesterday. The sky behind was not time to hang out ! 50 km / h and gusting of 70.

Raymonde, Bertrand’s wife is a former professional aviator, she retired at age 60. She did all the usual operations in New Brunswick, firefighter driving the treatment of "potatoes". And yes, here, as in Quebec, we never talk about « pommes de terre », but potatoes. The treatment of potato fields are now banned for 3 years and on 4 airplanes had treatment, it is only one left to sell.

I met the owner of Claude facilities, a nice man like everything, that never stops. The next day, I visit many properties as it is an example of someone who has labored intelligently handle an estate which he inherited and was able to thrive in diverse areas : the treatment of potatoes, storage, transport , construction container, real estate, etc..


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mardi 28 mai 2013

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