Etape 26 - Ignace/Lyncrest

samedi 28 août 2010
par  Céline
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  • A Winnipeg - Mb

Winnipeg, la capitale du Manitoba, est une grande ville, peuplée d’environ 650.000 hts. Sa situation géographique lui réserve des températures comprises habituellement entre -30°C en hiver et +30°C en été allant l’une et l’autre jusqu’à 40.

Arrivée le jeudi à Winnipeg par beau temps mais très agité, entre turbulences mécaniques quand les cumulus étaient présents et turbulences en air clair, et enfin brume à couper au couteau à l’approche des prairies, je suis fatiguée par ces presque mille km en plus de dix heures de vol accumulées sur une période de seulement 26h. Mais je suis toujours aussi heureuse de voler, de découvrir ces paysages que je connais déjà pour y être passée l’année dernière. Il faut dire qu’il n’y a pas le choix, les deux Transcanada venant de l’est se rejoignent pour passer au niveau de Thunder Bay, c’est-à-dire près de la frontière américaine, le plus au sud possible à l’ouest des grands lacs. Elles se diviseront ensuite, à partir de Winnipeg pour traverser les prairies. La roche, essentiellement du granit, dans cette ceinture du bouclier canadien y est très dure, le relief présent, et ce sont les endroits qui ont demandé le plus de travail et de temps quand les travaux de creusement des routes et des voies ferrées reliant l’est à l’ouest ont eu lieu, plus encore que le passage des montagnes rocheuses. C’est un point obligé pour tous les transports qui se rassemblent au même endroit : train, route, pipe line, électricité, et donc moi aussi puisque j’ai pris la décision, pour assurer ma propre sécurité, de suivre les routes dans les paysages de brousse. Et ils sont nombreux ! Mais le ravissement est toujours présent car la brousse n’est jamais la même selon de nombreux facteurs tels que la saison ou plutôt le mois, le moment de la journée, la lumière, etc. Je la découvre donc différente de ce que j’avais connu l’année dernière lors de mes deux passages.

Arrivée à Winnipeg, je retrouve Perry et Edith avec un grand bonheur et ils m’attendent. Pour être présents à mon arrivée, ils m’ont suivie sur le spot (traces spot sur le menu du site). Perry est le distributeur BRM au Canada. Samedi, nous irons donc faire un petit vol ensemble, et il me fera l’honneur de piloter son avion. Je suis étonnée de retrouver les gestes liés au multiaxe alors que je n’ai pas piloté de multiaxes depuis au moins un an et demi. Je ne m’aperçois même pas que je pilote de la main gauche puisque je suis en place passager. Aucune difficulté, aucune inversion… les rafales à 40 km /h passent sans même se faire sentir malgré les portes qui ont été retirées pour l’été. Ce qui donne un coté spacieux et aéré que j’apprécie au plus haut point. Pourtant, la fumée des feux de forêt de Colombie Britannique se déversent jusqu’ici et l’opacité jaunâtre est grande, nous sentons même l’odeur, alors que deux à trois mille km nous séparent. Les vents ces jours-ci sont très importants et les fumées ont vite fait de traverser tout cet espace.


Perry en profite pour me faire découvrir les énormes fossés creusés (canal de dérivation) à l’est de la ville de Winnipeg. Ils servent à réduire les inondations gigantesques qui se produisent depuis des siècles du fait de la situation de la ville à la confluence de deux rivières très importantes : la Red River qui vient des Etats-Unis au sud et l’Assiniboine River qui arrive du nord-ouest ainsi qu’une petite rivière Seine ! Elles se jettent ensemble dans le lac Winnipeg à une centaine de km au nord.


Cette confluence a joué un rôle déterminant dans l’histoire du pays. Depuis des milliers d’années, les autochtones s’en servaient pour faire du commerce et rivaliser. Quand les premiers blancs sont arrivés vers 1750, ils ont utilisé eux aussi ces rivières comme unique voie de déplacement et s’y rejoignaient pour le commerce des peaux et fourrures. Les voies ferrées ne sont installées que dans les années 1880, elles ont permis un développement rapide de la ville. Et Winnipeg est une place très importante en termes de gare de triage du fait de sa situation centrale dans le pays, c’est elle qui réunit l’est et l’ouest.



La ville de Winnipeg prend en compte ce site unique et le met en valeur dans un centre ville organisé en privilégiant son histoire. Des espaces de rencontre des personnes et des civilisations ont été conçus. Le nom de cet espace : la Fourche, The Fork. Fourche des rivières, fourche des origines, fourche des nations, fourche des espoirs de développement.



Toutes les légendes qui renseignent sur les places publiques (inscrites sur granit rose) sont inscrites en trois langues : l’anglais, le français et l’amérindien. Un véritable hommage aux premières nations et à la terre nourricière que sont les prairies. Car la mise en culture de ces prairies a donné au Canada un fabuleux réservoir nourricier grâce au travail réalisé par les européens colonisateurs.


  • Etape 26 – 19 aout – Ignace – Vermilion Bay – Winnipeg-Lyncrest - 4h20 – 416 km

Au matin, la rosée est très importante et je peux dire que la toile de tente est aussi ruisselante dedans que dehors. Le soleil fait son apparition. Et je commence à préparer. Quand tout est prêt, je roule la tente détrempée, elle sèchera plus tard, pendant ce temps je vais profiter des heures sans turbulences pour avancer. Malgré aucun trafic, je passe mon chemin au niveau de Dryden sans m’arrêter, j’en garde un mauvais souvenir de l’année dernière. J’ai appris à me passer de certains gros aéroports en zone de contrôle même si le trafic y est léger.

Dommage, ce n’est qu’une affaire de personnes car dans certains beaucoup plus importants, j’ai trouvé un accueil non seulement correct, mais souvent très chaleureux aussi.

Je me pose à Vermilion Bay pour faire le plein ou du moins compléter. Là, je sais qu’il n’y aura pas d’essence à Vermilion Bay et que je devrai aller au village, trouver quelqu’un qui m’aide, me prête un bidon, etc. La chance me fait rencontrer John ou Jean. Il est là pour affaires. Etant en vacances sur place, le téléphone ne fonctionne pas où il réside et il vient à l’aérodrome pour capter les ondes. Il me regarde me poser sur une piste en herbe non coupée depuis longtemps ! c’est beau mais surprenant. L’hélice s’en sort très bien. J’avais le choix avec l’autre, moins bien orientée et en gravier… et d’en haut, je n’avais pas vu la hauteur de l’herbe. Charlie repartira donc avec des fleurs accrochées aux roues ! Il n’empêche que Jean, avec une gentillesse incroyable, n’hésite pas à m’aider, à se faire prêter un bidon et même à faire deux tours à l’essence ! Au sol, je comprends vite que s’il n’avait pas été là, l’opération aurait certainement duré longtemps car le village est loin et la route plutôt déserte pour y arriver. Merci Jean. Et je repars, avec les cumulus qui en ont profité pour se développer. Normal, il est déjà plus de midi. Je joue avec les nuages qui m’aspirent vers leur base, ce qui fait voler haut ; il y fait froid.


La brousse continue. Toujours aussi belle, surprenante, changeante : plus ou moins de relief, plus ou moins de lacs, plus ou moins de roche apparente ou de marécages, toujours renouvelée. Je revois avec plaisir certains endroits exceptionnels comme la ville de Kenora et son très grand lac avec des centaines d’iles. Et puis les derniers lacs, les dernières roches, et quand il ne reste plus que les marécages et la forêt, je sais que la ligne de brousse est proche. Entre Kenora et Winnipeg, je cherche sur mon gps quels sont les aéroports proches : j’ai la surprise de découvrir les 8 plus proches entre 75 et 90 km dont 3 aux États-Unis. Ce n’est pas le moment d’avoir besoin d’essence !


La ligne de brousse est là et les prairies prennent la main sur le paysage de forêt. Les pluies torrentielles des jours précédents ont laissé des traces dans ces champs cultivés. Et avec l’agrandissement de la ville de Winnipeg, je vois l’aérodrome de Lyncrest grossir lui aussi. Je reconnais la maison bretonne en bout de piste sud, incroyable, je dois dire que c’est la seule que j’ai vue au Canada !


Sur la vent arrière je vois le hangar de Perry et Edith, il est fermé, le seul ouvert est celui des autogyres. Le vent est passé au sud, je survole les énormes lignes électriques en bout de piste et je me pose sur la piste gazonnée comme Charlie et moi les aimons, elles sont si douces au posé.


Ensuite, je me perds un peu dans le dédale des voies, sachant très bien que des endroits très humides sont des pièges sur cet aérodrome mais ne me souvenant pas exactement où passer. Et j’ai la surprise de voir arriver un quad qui manifestement fait en sorte d’entrer en relation avec notre équipage. C’est Perry ! il me guide et j’ai le bonheur de les retrouver tous les deux. Ils ont suivi la trace du spot et sont arrivés pendant mon tour de piste. Charlie reprend sa place dans le hangar parqueté qui ressemble à un chalet d’été. Il a même été amélioré depuis l’année dernière, en plus de pouvoir y manger, y dormir, s’y reposer à l’abri des insectes nombreux au Manitoba, maintenant, on peut consulter la météo avant de décoller grâce à une connexion sans fil.


Nous prenons le temps de nous poser, de délier la tente pour qu’elle sèche. Et la vie continue !

Step 26 to 19 August - Ignatius - Vermilion Bay - Winnipeg Lyncrest - 4:20 - 416 km

In the morning, the dew is very important and I can say that the tent is dripping inside than outside. The sun is coming out. And I begin to prepare. When everything is ready, I roll the tent wet, it will dry later, meanwhile I will enjoy for hours without turbulence ahead. Although no traffic, I passed my way at Dryden without stopping, I keep a bad memory of last year. I learned to do without some major airports in areas of control even if traffic is light. Too bad, this is a matter of people because in some much more important, I found a home not only correct, but often also very warm.

I wonder in Vermilion Bay to refuel or less complete. Now I know there will be no gasoline in Vermilion Bay and I need to go to town, find someone to help me, lend me a can, etc.. The chance to meet me John or Jean. It is there for business. Being on vacation there, the phone does not work where he lives and he comes to the airport to catch the waves. He looks at me asking me on a grass strip uncut long ! it’s beautiful but surprising. The propeller is doing very well. I had a choice with the other, less well oriented and gravel ... and from above, I had not seen the grass height. Charlie then start again with flowers hanging on wheels ! Nevertheless, John, with an incredibly kind, do not hesitate to help me, to lend her a bottle and even make two turns to gas ! On the ground, I quickly understand that if he had not been there, the operation would have lasted long because the village is far away and rather deserted road to get there. Thank you John. And I’m leaving, with cumulus clouds that have the opportunity to grow. Normal, it is already past noon. I play with the clouds sucking me into their base, which is flying high and there is cold.


The bush continues. Always so beautiful, surprising, changing : more or less relief, more or fewer lakes, more or less apparent rock or swamp, always renewed. I recall with pleasure some special places like the city of Kenora and its great lake with hundreds of islands. And then the last lake, the last rocks, and when he left the swamps and forest, I know that the line is close to Bush. From Kenora to Winnipeg, I look on my gps which are airports nearby : I was surprised to discover the 8 closest between 75 and 90 km, including three in the United States. This is not the time to need gas !


The line of bush and grasslands here is take hold of the forest landscape. The torrential rains of previous days have left traces in these fields. And with the expansion of the city of Winnipeg, I see the airfield Lyncrest grow too. I recognize the Breton house south end of the runway, incredible, I must say that this is the only one I have seen in Canada ! On the downwind leg I see the hangar and Edith Perry, it is closed, the only one open is that of autogyros. The wind went south, I fly over the massive power lines in the end and I landed on the grass runway as Charlie and I love them, they are so sweet at touchdown.


Then I am a little confused in the maze of lanes, knowing full well that very wet places are traps on the aerodrome but not remembering exactly where to go. And I am surprised to get a quad that obviously meant to get in touch with our crew. Perry is ! He guides me and I find them the happiness of both. They tracked the spot and arrived in my lap. Charlie takes his place in the hangar floored that resembles a summer cottage. It has even been improved since last year, in addition to being able to eat, sleep, resting in the shelter of numerous insects in Manitoba, now you can check the weather before taking off through a wireless connection thread.


We take the time to ask ourselves, untie the tent to dry. And life goes on !


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mardi 28 mai 2013

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