Etape 10 - Lac La Biche Ab

lundi 18 juillet 2011
par  Céline
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  • 10ème étape – mardi 12 juillet 2011 – Lac La Biche Ab, Slave Lake, Ab – 204km, 1h40 (moy : 122km/h)

Les prévisions météo ne sont pas excellentes mais promettent quand même un vol sans pluie pourvu que je parte vite et peut-être même jusqu’à Peace River.


A 7h, rendez-vous au hangar de Mattew. Steve, qui m’avait informé hier ne pas avoir entendu mes annonces en tour de piste, prend les choses en main pour faire le test dès maintenant de ce qui ne fonctionne pas. Mattew a un exemplaire de la même radio que moi, une ICA-24, il teste d’abord l’installation en substituant la sienne à la mienne. Tests par les professionnels. Ok. Maintenant, il passe au test avec ma radio. Test Ok, sans restriction. Je suis soulagée et Steve aussi, bien qu’on n’y comprenne rien. Je peux donc partir. Préparatifs, Steve m’aide, prêt à tout service. C’est très rassurant de se sentir en confiance. D’autant que plusieurs adaptations me sont nécessaires aujourd’hui. D’abord la couverture du satellite de météo est terminée sur mon gps. Ensuite, l’appareil de photo n’étant plus le même, je dois réapprendre à m’en servir et ce n’est pas simple et de toute façon sa qualité est loin d’égaler le Canon. D’ailleurs vous allez pouvoir faire la différence, dans ce sens, ça ne prête pas à confusion ! Toutes mes excuses à Steve dont la photo est complètement ratée car en intérieur sans flash. Sur le lac, j’ai la surprise de voir des pélicans, que Steve appelle « perroquets ». Curieux oiseaux.


Départ 9h. Le soleil est présent, la visibilité très lointaine, au moins vers où je me dirige. Le vent est encore arrière et me pousse gaillardement. Et il sera même renforcé dans la deuxième partie du voyage. Au bout de ¾ d’heure, j’arrive à Athabasca. La rivière est couleur argile. Et la brousse revient peu de temps après, alors je reprends sagement la route que j’avais abandonnée dans les prairies. La vitesse augmente jusqu’à 72kt soit 130 km/h. C’est d’autant plus inespéré que les averses commencent à arriver de ma gauche et semblent vouloir couper ma route. Je vois des panaches de fumée très loin devant, certainement les moulins à bois de Slave Lake. Mais les distances défilent et j’arriverai près de Slave Lake quand la pluie sera à ma portée. Je me pose la question de continuer ou d’arrêter là. Mais la réponse s’impose rapidement. 15km avant, les nuages sont passés sous moi alors que je suis à 3500ft avec une altitude de plus de 1800ft. Et avec le vent qui me pousse, je n’ai pas intérêt à dépasser la limite d’une décision raisonnable. Je prends donc celle d’atterrir ici, sans risquer plus loin.

Bien m’en a pris, c’était le tout début d’un déluge de plusieurs heures. Mais j’ai eu de la chance, après avoir atterri sur ce grand aéroport très vivant mais où tous les hangars sont fermés du fait de la pluie, de rencontrer un directeur de chez Can West qui accepte de prendre Charlie dans le hangar de la compagnie (ambulance). Nous sommes accueillis Charlie et moi, par une grande équipe de pilotes, de mécaniciens, de secrétaires qui ont tous la même surprise. Emeline, ingénieure en mécanique aéronautique, parle français et est désignée par le boss pour servir de traductrice, c’est plus efficace !


Le temps semble pouvoir s’éclaircir en fin d’après-midi, je demande donc la possibilité de rester dans les locaux. Ils sont tous à ma disposition et prêts à me rendre service, à m’accompagner où je le souhaiterais ! C’est toujours aussi incroyable. Là, j’avoue que ces quatre derniers jours ont été très facilités par l’accueil de tous, que ce soit à North Battleford, à Lac La Biche ou ici, à Slave Lake. Quel bonheur.

Vers 16h je prends la décision de rester, les prévisions météo restent mauvaises et il pleut sans discontinuer. On m’indique que si je reste il faudrait me dépêcher pour rechercher une chambre d’hôtel car à la mi-mai, la moitié de la ville a brulé ! J’avais bien remarqué en arrivant, mais j’étais très vigilante à ne pas me faire prendre par les nuages sous moi, par le fait aussi de dégager les axes de piste et à préparer mon atterrissage. J’avais donc bien repéré les grandes traces de feu, distantes les unes des autres, ce qui veut dire que des langues de feu étaient propagées par le vent. Mais quand Emeline m’accompagne à l’hôtel, elle m’apprend que 400 résidences et commerces, soit un tiers de la communauté, ont été détruits par le feu. Le vent s’est levé à plus de 110 km/h interdisant aux avions toute action de lutte. Aucune anticipation n’a eu lieu, les personnes ont dû fuir, sans rien emporter, certaines ont même dû abandonner le véhicule avec lequel elles fuyaient. Le quartier de résidence des médecins, celui des policiers ont été réduits à néant. La totalité des habitants de la ville, soit environ 7.000 personnes, a été évacuée pendant 12 jours. Ils ont trouvé refuge dans les 3 villes avoisinantes les plus importantes, toutes à plus de 150km de là. Beaucoup de personnes ont été accueillies, et le sont encore dans les gymnases et autres lieux communaux, mais aussi à l’hôtel, dans les campings, des prêts de caravanes ont eu lieu, etc.


Beaucoup n’étaient pas assurées, ont tout perdu. La solidarité a rapproché la population. Mais des points d’interrogation subsistent quant à l’hiver qui va venir dans quelques mois.

D’où l’importance de m’y prendre tôt pour rechercher une chambre. Une secrétaire le fait gentiment pour moi.

  • 10th stage - Tuesday, July 12, 2011 - Lac La Biche Ab, Slave Lake, AB - 204km, 1:40 (Avg : 122km / h)

The weather forecast is not great but still promise a flight with no rain as long as I go faster and maybe even to Peace River.


At 7am, go to the Mattew’s hangar. Steve, who informed me yesterday not to have heard my ads lap, took things in hand to take the test now and what does not work. Mattew has the same radio that I, a ICA-24, he first checks the installation by substituting his own mine. Tests by the professionals. Ok. Now he goes to the test with my radio. Test Ok, without restriction. I am relieved and Steve too, although we did not understand. So I can leave. Preparations, Steve helps me, ready for any service. It’s very reassuring to feel confident. Especially since several modifications are necessary for me today. First the weather satellite coverage is over on my gps. Then, the camera is no longer the same, I must learn to use it and it is not simple and in any case its quality is nowhere near the Canon. Moreover you will be able to make a difference in this sense, it does not cause confusion ! My apologies to Steve whose picture is completely missed because indoors without flash.


On the lake, I am surprised to see pelicans, as Steve calls "perroquets". Curious birds 9am start. The sun is now visible far away, at least to where I’m heading. The wind is still pushing me back and boldly. And it will be even stronger in the second part of the trip. After ¾ of an hour, I arrive at Athabasca. The river is colored clay. The bush return soon after, then I take the road that I had wisely abandoned grasslands. The speed increases up to 72kt or 130 km / h. This is particularly unexpected that the rain began to arrive to my left and seem to want to cut my way. I can see plumes of smoke far ahead, certainly the wood mills of Slave Lake. But the march and distances I arrive near Slave Lake when the rain will be within my reach. I ask to continue or stop there. But the response is fast. 15km before the town, clouds came under me while I’m at 3500ft with an altitude of over 1800ft. And with the wind pushes me, I have no incentive to exceed the limit of reasonableness. So I took it to land here, without risking further. Well I was the very beginning of a deluge of several hours.


But I was lucky, having landed on this great airport but very much alive when all the premises are closed because of rain, meet a director of CanWest. He agrees to take Charlie in the hangar of the company (ambulance). We welcome Charlie and I, by a large team of pilots, mechanics, secretaries who all have the same surprise. Emeline, aerospace mechanical engineer, speaks French and is designated by the boss to serve as a translator, it is more efficient ! Time seems to clear up late afternoon, so I ask the

opportunity to stay in the premises. They are all at my disposal and ready to serve me, to accompany me wherever I like ! It is always incredible. There, I admit that the past four days have been facilitated by the reception of all, whether in North Battleford, Lac La Biche or here in Slave Lake. What a joy.


By 16h I decide to stay, the weather forecast still bad and it rains continuously. They tell me that if I stay it would hurry to find a hotel room since mid-May, half the city burned ! I had noticed on arriving, but I was very careful not to take me through the clouds below me, not to be staying in VOR areas of track and preparing my landing. I had therefore identified the major traces of fire, apart from one another, which means that the tongues of fire were spread by the wind. But when Emeline goes at the hotel with me, she told me that 400 homes and businesses, a third of the community, were destroyed by fire. The wind picked up to over 110 km / h prohibiting any plane action had to fight. No advance has taken place, people had to flee without taking anything, some even had to abandon the vehicle with which they fled. The districts of residence of the doctors, the police have been destroyed. All the inhabitants of the city, about 7,000 people, were evacuated for 12 days.

They found refuge in the three largest nearby towns, all over 150km away. Many people were welcomed, and are still in gyms and other communal places, but also to the hotel, campsites, caravan loans took place, etc.. Many were not insured, lost everything. Solidarity has brought the population. But question marks remain over the winter that will come later this year.

Hence it’s important of early for me to find a room. A secretary does nicely for me.


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mardi 28 mai 2013

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