Etape 16 - Teslin Yt

lundi 1er août 2011
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  • Etape 16 – 24 juillet 2011- Teslin Yt – Dawson Yt via Mc Questen Yt – 660km en 6h de vol (moy : 110)

Lever 4h. Dave me prend à 5h. Silly est encore avec lui. Connexion météo. Les conditions sont encore favorables avec un vent arrière prévu et un ciel dégagé. Des turbulences légères à modérées sont aussi prévues. Je vise déjà Whitehorse, après je verrai.


Dave met sa voiture à ma disposition et un bidon d’essence pour faire le plein. Puis il m’aide à remonter l’aile. A 8h20 , j’ai décollé. Au décollage j’entends un bruit de plastique que je n’aime pas du tout, je suis inquiète mais rien ne se passe. J’imagine que ce sont les cailloux de la piste qui sont entrés en collision avec l’hélice.


Il fait un froid terrible d’emblée. Des couches nuageuses hautes renforcent cette sensation en mettant de l’ombre sur ma route pendant de longs moments. Mais le paysage est beau. Je ne m’arrête pas à Carcross comme Rod me l’avait suggéré, peut-être au retour. Je ferai peut-être pareil avec les coordonnées que Marielle m’a données pour Watson Lake. Les conditions sont bonnes, en tout cas à 8500 ft, alors j’en profite. Je continue.


Je passe haut au-dessus de Whitehorse et sa belle piste qui surplombe la ville. Je vois l’autre piste en gravel, nue et vide, pas un hangar, pas un avion non plus. Puis la jonction de l’Alaska Highway que je quitte au profit de la Klondike Highway.

Les turbulences prévues n’arrivent toujours pas, je continue à la même altitude.


Et il en sera ainsi de piste en piste, éloignées chacune d’environ une centaine de km. Le paysage défile, après Whitehorse . Je suis seulement reliée à la terre par ce ruban minuscule qu’est devenue la route. Le paysage est grandiose même sil est beaucoup moins élevé qu’avant. Là encore j’imagine des grands animaux d’un autre temps. Toutefois, la végétation parait peu abondante.


Je surveille la consommation. Je vais aller le plus loin possible. De toutes façons, aucune de ces pistes en gravel n’a de réserve à essence, il faut se débrouiller pour aller à la pompe la plus proche sur la route. Et moi j’ai la chance d’avoir un 912 qui peut fonctionner à l’essence de voiture. Après Whitehorse, Braeburn, Carmacks, Pelly Crossing, je tente jusqu’à Mc Questen. C’est exactement à 5h de route, j’ai une réserve d’une demi-heure environ, mais ça ne me suffit pas pour aller jusqu’ Dawson.


Je n’ai plus le choix, je ne peux pas joindre Dawson sans essence supplémentaire, au moins une demi-heure. J’ai la surprise de découvrir une piste en pleine foret le long d’une rivière. Aucun village à la ronde. J’ai poussé trop loin. Comment vais-je faire ? Je me pose, c’est chaud à plus de 13h entre deux rangées de conifères !


Je découvre en bout de piste un camion citerne, trois gros véhicules stationnés sans personne. Qu’est-ce que cela peut bien être. Et un avion atterrit, descend la piste aussi vite qu’il peut, et se gare à coté du camion citerne. Je crois rêver. Le pilote est seul, il est manifestement très pressé. Il connecte le camion citerne à des cuves qui se trouvent à l’intérieur de l’avion. Un peu de conversation. Je lui dis mon besoin d’essence. Pas de problème, combien ? le plein ou 20l suffiraient. Il prépare tout le matériel et le baril de réserve qui est sur les 4x4 pour mettre en route le dispositif qui permet la distribution d’essence, d’ailleurs il en a besoin pour son avion aussi. Et puis, Darrin se met à me parler en un excellent français ! Echanges succincts. Il me demande où j’habite en France. Chalon-sur-Saône. Il connait très bien, il a fait le réveillon à St Marcel en Bresse ! Quel concours de circonstances ! Kevin Horton le disait, le monde est petit. Plantée au beau milieu d’une forêt, loin de la route, qui a une piste perdue, un avion se pose et il en descend un homme qui connait exactement d’où je viens, il me dépanne en essence sans que j’ai à courir je ne sais où, ce qui aurait pu demander des heures puis repart quelque part plus vite que moi. J’ai eu le temps de constater que mon hélice avait souffert à Teslin.


Je repars pour Dawson que j’atteins en une heure sous un ciel qui est manifestement changeant. Il me réserve l’ondée quotidienne ! Atterrissage à Dawson, sur une piste de gravel passée au pétrole lourd pour la compacter et éviter la poussière. Avant moi, un gros avion se pose et me montre le sens car la vallée est étroite et les chiffres de piste ne sont pas indiqués sur la gravel. Elle est tellement étroite que même moi, avec la chaleur que je sens monter au fur et à mesure que je descends, je n’ose pas faire ma base entre les deux montagnes, je vais plus loin, à un croisement de vallées. Finalement, je m’aperçois qu’elle est pratiquement fermée sur trois cotés, d’accord la piste est longue… le choix est restreint.


Si le terminal est petit, il n’en est pas de même pour le parking, géant, goudronné, où le stationnement des aéronefs est prévu avec bandes blanches matérialisées pour le guidage et des trous incrustés pour les attaches, c’est le meilleur choix. Le tout libre et gratuit ! L’aéroport est international lui aussi du fait de sa proximité avec les Etats, l’Alaska est à quelques cinquante km.


Quelques pilotes s’intéressent à ce drôle d’engin qu’est Charlie. Ils n’en ont pas vu encore. On m’aide à descendre l’aile. Je prépare Charlie pour une période de pluie qui s’en vient manifestement.


Découverte de Dawson City, ville mythique de la ruée vers l’or à la fin du 19ème siècle, des célèbres romans de Jack London, Croc blanc, L’appel de la forêt, etc. Une ville qui est aussi célèbre par le fait qu’elle se situe à mi-parcours de la grande course annuelle de traineaux à chiens, la Yukon Quest. Une ville où les trottoirs sont en planches et dont le sous-sol est en permafrost ou pergélisol. L’histoire de Dawson fait sa fierté et représente maintenant sa mine d’or au quotidien. Tout y est mis en valeur. Au début, j’ai ressenti une ville factice, froide, sans âme un peu comme nos villes et villages historiques, mais à y vivre trois jours de plus, c’est un peu différent.


  • Step16 to 24 July 2011 - Teslin Yt – Dawson City Yt via Mc Questen Yt - 660km in 6 hours of flight (average : 110)

Sunrise 4h. Dave takes me at 5am. Silly is still with him. Weather Log. Conditions are still favorable with an expected wind and clear skies. Light to moderate turbulence are also planned. I already aims Whitehorse, after I see.


Dave puts his car at my disposal and a gas can to refuel. Then he helps me up the wing. At 8:20, I took off. Taking-off I hear the sound of plastic that I do not like, I am worried but nothing happens. I guess these are the stones of the track that collided with the propeller.


It is a terrible cold readily. High cloud layers reinforce this feeling by putting a shadow on my way for long periods. But the scenery is beautiful. I do not stop at Carcross like Rod as suggested, may be in return. I may do the same with the contact data Marielle give to me to Watson Lake. Conditions are good, at least to 8500 ft, so I take advantage. I go ahead.

I go up above Whitehorse and beautiful track that overlooks the city. I see another gravel track, naked and empty, not a hangar, not a plane either. Then the junction of the Alaska Highway I am leaving in favor of the Klondike Highway.


Turbulence provided still do not, I keep the same altitude. And so it will be from airstrip to airstrip, each distant about a hundred km. The landscape scrolls, after Whitehorse. I’m only grounded in what has become of this tiny strip of road. The landscape is magnificent even if it is much lower than before. Again I guess the big animals of another time. However, the vegetation seems scarce.


I monitor consumption. I’ll go as far as possible. Anyway, all of these airstrip have gravel runway and none have reserve fuel, I’ll have to manage to go to the nearest pump on the road. And I have the chance to have a 912 that can run on gasoline cars. After Whitehorse, Braeburn, Carmacks, Pelly Crossing, I try to Mc Questen. This is exactly 5 hours flight, I reserve half an hour, but it is not enough to go up Dawson. I have no choice, I need extra fuel, at least half an hour. I surprised to discover a trail in the forest close a river. No village in sight. I pushed too far. How will I do ? I wonder, it’s hot over 13h between two rows of evergreens !


I discover in the end a tanker truck, three large vehicles parked with no one. What is that supposed to be. And a plane lands, down the airstrip as fast as he can, and parks next to the truck. I must be dreaming. The pilot is alone, he is clearly in a rush. He connects the tanker to the tanks located inside the aircraft. A little conversation. I told him I need gas. No problem, how much ? full or sufficient 20l. He prepares all the material and the barrel of reserves is the 4x4 to start up the device that allows the distribution of petrol, besides he needs for his plane too. And Darrin begins to speak to me in excellent French ! Exchanges succinct. He asks me where I live in France. Chalon-sur-Saone. He knows very well, he had New year in St Marcel en Bresse ! What a coincidence ! Kevin Horton said, small world. Planted in the middle of a forest far of road, that has lost a track, a plane lands and he goes down a man who knows exactly where I come from, he helps me to gas without I have to run I know not where, This could have asked for hours and then off again somewhere faster than me. I had time to see that the propeller had suffered in Teslin.

I leave to Dawson I reach in one hour under a clear sky changing. I reserve the shower daily !


Dawson. Landing on a gravel runway past the heavy oil for the compact and avoid dust. Before me, a big plane lands and shows me the direction for the valley is narrow and the track numbers are not indicated on the gravel. It is so close that even I, with the heat I feel up gradually as I go down, I dare not make my base between the two mountains, I go further, a cross valleys. Finally, I realize that ice runway is practically closed on three sides, but the track is long ... the choice is restricted.

If the terminal is small, it is not same for parking giant tarmac, where the aircraft parking is provided with white stripes materialized for guidance and inlaid holes for fasteners, is the best choice . All free and open ! The international airport is also due to its proximity to the States, Alaska is just fifty kilometers.


Some pilots are interested in this strange machine that is Charlie. They have not seen yet. They help me to get down the wing. Charlie I prepare for a period of rain coming.

Discovery of Dawson City, the mythical city of the Klondike Gold Rush in 1896, the famous novels of Jack London, White Fang, The Call of the Wild, etc.. A famous city, halfway mark for the Yukon Quest International Sled Dog Race. A city where the sidewalks are made of planks, whose basement is in permafrost. The story of Dawson is his pride and now represents the gold mine on a daily basis. Everything is highlighted. At first I felt a fictitious city, cold, soulless kind of like our historic towns and villages, but to live three more days, it’s a little different.


Commentaires

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vendredi 6 avril 2012 à 09h02 - par  Serge

Bonjour Odile,
C’est plaisant de lire tout ca, même l’année suivante.
J’aime bien l’histoire du pilote qui arrive sur la piste isolée et te dépanne en te parlant français et qui connait ton coin de pays. Dur de faire mieux.
La gravelle, je crois que comme anglicisme, gravelle devrait prendre elle à la fin. :D
à + tard !

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mardi 28 mai 2013

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