Etape 41 - Gore Bay On

mardi 13 septembre 2011
par  Céline
popularité : 11%

  • Etape 41 – 8 septembre 2011 – de Gore Bay On à Plattsville On, via Tobermory On – 125km+ 244km en 1h29+2h37 moyenne : 90km/h

Lever vers 7h, j’ai rendez-vous avec le journaliste local à 7h45. Finalement, ce n’est pas le brouillard qui me retarde, mais ce n’est pas très important car je ne suis même pas sure de pouvoir décoller aujourd’hui car de l’autre coté du lac, les vents sont très importants, avec rafales à plus de 30kt et Jean me confirme qu’il pleut à Cambridge, la perturbation vient du sud, donc vent de face. Arrivée à l’aéroport je refais la météo de ma route. Je suis indécise, j’appelle Québec pour parler avec un prévisionniste du centre d’information en vol. Finalement je prends l’air pour faire les premiers 100km, au moins traverser la manche entre le lac Huron et la baie Géorgienne. C’est possible aujourd’hui. Mais aller plus loin n’est pas gagné ! Une tempête a sévi aux Etats-Unis et a touché le sud de l’Ontario. Il faut attendre que nuages et vents se dissipent. Il confirme, les rafales sont prévues à 22kt 80km après mon point d’atterrissage supposé en bout de péninsule, et à 30 plus au sud, mais il pleut et le ciel est couvert à 200ft donc, il n’est même pas envisageable d’aller plus loin.


Préparation habituelle, essai radio, et je quitte Gore Bay sous les yeux de Rob, Pat, les dames des douanes et le journaliste qui m’ont si gentiment accueillie. Je prends la direction du sud de l’ile et suis le rivage en montant tranquillement. La brume est présente dès 3000ft, ou plutôt la pollution qui se caractérise par ces lignes peu épaisses d’un gris bleuté. Les photos en souffrent !


A South Baymouth, je vois le beau bateau le « Chi-Cheemaun » dont je ferai la connaissance à Tobermory d’un de ses capitaines Robert Schreiber déguisé aujourd’hui en mécanicien avion car il est aussi pilote, et qui viendra me saluer avant son départ, en moto... quels choix ! Finalement, la traversée ne dure qu’une demi -heure, c’est vite fait. Je monte à 9500ft. Le vent est laminaire et pratiquement perpendiculaire à ma route. Et c’est beau. Je reste attentive à la circulation aérienne qui pourrait être, mais rien, pas plus que les autres fois, dans la deuxième moitié je vois seulement un hydravion qui traverse dans le sens inverse. Par contre, quand je descends pour atterrir à l’aéroport du bout de la péninsule Tobermory, je tombe dans une machine à laver à partir de 1500ft. Les rafales sont ici aussi ! C’est un atterrissage rock and roll où il faut se battre jusqu’au dernier mètre pour rester sur l’axe choisi. Et comme ici, la piste est éclairée, comme la plupart du temps, il vaut mieux éviter de s’écarter de la piste si on ne veut pas jouer au culbuto avec les lampes qui dépassent de 80cm au moins. Heureusement, Charlie sait se tenir !


J’attache Charlie et j’attends que les conditions s’améliorent avant de continuer. Tobermory est un petit aérodrome sans grande vie, du moins en semaine. Il est vrai qu’à chaque fois où je l’ai survolé sans m’y arrêter, aucune activité ne transparaissait.


Appel de Québec vers 14h 15 pour savoir si j’ai des chances de pouvoir repartir aujourd’hui ou non. Pour le moment, ce n’est pas encore possible, au sud de Wiarton (la ville à 80km au sud) le ciel est couvert et plus on descend dans le sud plus le plafond est bas et plus il ya de chance de pluies. Il est prévu une diminution des vents à partir de 18h. J’envisage 2h30 de vol. Je m’enquiers de l’heure du coucher du soleil : 8h45, et nous décidons avec l’agent du Fic d’un rappel après 17h pour savoir dans quelles conditions les éléments ont avancé et prendre une décision ensuite.


15h40 les rafales diminuent nettement d’intensité. De manière à ce que les nouveaux metar soient parus, j’attends 16h 20 pour appeler Québec et savoir si je peux continuer sans attendre 17h. Les conditions se sont bien améliorées même si vers Kitchener ce n’est pas encore parfait. En tout cas, ça me parait très faisable par Charlie, ma petite chèvre des montagnes. Et puis parfait, ça n’existe pas, c’est bien connu !


Alors, procédures habituelles avant un départ et je quitte Tobermory vers 17h. Les rafales ont diminué mais sont encore fortes dès que j’atteins 15m sol, c’est-à-dire que je dépasse la limite des arbres qui entourent la piste. Le début du voyage le long de la péninsule se passe sous une bande nuageuse de haute altitude, puis je retrouve le soleil et sa bonne chaleur au point que j’ai même trop chaud alors que je vole à 2000ft. Le voyage le long de la péninsule large d’une vingtaine de km pendant près de 100km a le charme de présenter ensemble les deux cotes, celle du lac Huron au soleil de fin d’après-midi et celle de la baie Géorgienne sous le soleil. C’est toujours un spectacle étonnant. De loin, je vois le Chi-Cheemaun reliant Owen Sound. Les cultures reprennent un peu, ou plutôt l’élevage extensif, les prés sont pâturés et les bottes de foin sont alignées sous plastique blanc en lignes continues le long des prés.


Avec la fin de la péninsule, c’est aussi la fin de la forêt, remplacée par des prés puis par des cultures plus au sud. Mais ici les champs sont de petite taille, leur dimension est plus proche de ceux de France que de ceux des Prairies ou même que des rangs québécois ! Ils sont même entourés d’arbres. Contrairement à la péninsule, Il s’agit la plupart du temps d’élevage intensif, les bâtiments, les silos, les lisiers, les odeurs le rappellent ! Les cultures, de soja et de haricots en tout genre couvrent la terre de manière uniforme et de couleur orange, tandis que celles de maïs adoptent la rectitude parfaite de leur semi et sont d’un vert sombre.


Plus j’avance vers le sud, plus le ciel est couvert et semble menaçant. Je garde un plafond à 3500ft et les rafales jusqu’à la dernière demi-heure. Quand j’approche de Kitchener-Waterloo, le plafond descend à 2500ft mais le soleil est revenu, j’ai l’impression que le brouillard s’installe. Et c’est une zone où de multiples antennes sont présentes, je suis inquiète. J’ai repéré que mon gps n’a plus la précision du début, il est capable de m’indiquer une antenne juste devant moi alors qu’elle se trouve à 400m à droite… je descends à 2200ft, le gps s’affole en m’indiquant des obstacles, je remonte à 2500ft , je sais que toutes les antennes ne sont pas munies de strobbe (lumière clignotante)… pourtant je vois bien la ville, je vois bien le sol, il doit s’agir seulement d’un ban de nuage dans lequel je me trouve. Qu’à cela ne tienne, j’ai assez de visibilité pour continuer, je reste vigilante et déciderai plus tard si je dois atterrir avant le point final. Je vise le terrain de Kathy et Ed au bout du fil rose du gps, il est distant maintenant de moins de quinze nautiques. Quand la série d’antennes est dépassée, je descends un peu. La piste m’apparait, c’est gagné. Il est 19h35. Le soleil est proche de l’horizon et la clarté est suffisante mais réduite quand même. Heureusement que je n’ai pas attendu plus pour quitter Tobermory car je n’aurai pas pu arriver avant la nuit.


Kathy, Ed et Jean sont là pour m’accueillir. Charlie retrouve sa place dans le hangar pour quelques jours. C’est la fin du grand voyage 2011 vers le Nord.


  • Step 41 - September 8, 2011 - Gore Bay On to Plattsville On, via Tobermory On - 125km+244km in 1:29 and 2:37 average 90km / h


Up around 7am, I have an appointment with the local reporter at 7:45. Finally, it is not the fog that delayed me, but it is not very important because I’m not even sure I can take off today because on the other side of the lake, the winds are very important, with 30kt gusting. Jean confirms that it is raining in Cambridge. Strom from the south, so head wind. Arrival at the airport I ever did the weather on my way. I’m indecisive, I call on FIC Quebec to speak with a forecaster. Finally I took the air for the first 100km, at least cross the Channel between Lake Huron and Georgian Bay. It is possible today. But to go further is not won ! A storm raged in the U.S. and hit southern Ontario. I have to wait until clouds and winds dissipate. He confirms, the gusts are expected to 22kt 80km after my landing point supposed at the end of peninsula, and 30kt to the south, but it’s raining and the sky is covered above 200ft, it is not even possible to go further.


Usual preparation and test radio. I left Gore Bay in front of Rob, Pat, the ladies of Customs and the journalist who hosted me so kindly. I take direction south of the island. And I am quietly climbing the shore. The mist is present from 3000ft, or rather the pollution that is characterized by the lines of a very thick bluish gray. The photos are suffering, veiled ! At South Baymouth, I see the beautiful boat the "Chi-Cheemaun" I’ll do in Tobermory knowledge of one of her captains Robert Schreiber dressed today in aircraft mechanic because he is also a pilot, who will greet me before departure, with a motorcycle ... what choices !


Finally, the crossing only takes half an hour, it’s quickly. I go up to 9500ft. The wind is almost laminar and perpendicular of my way. And it’s beautiful. I chek to the air traffic that could be, but nothing, any more than other times. In the second half I only see a float plane that crosses in the opposite direction. When I go down to land at Tobermory’airport, end of the peninsula, I fall into a washing machine from 1500ft. The gusts are here too ! It is a rock and roll landing where i have to fight to the last meter to stay on the axis chosen. And here, like most of airports, the runway has lights, it is best not to leave the hard surface if i don’t want to play with lamps that exceed 80 cm at least. Fortunately, Charlie knows how to take !


I tiedown Charlie and wait conditions are good enough to continue. Tobermory is a small airport with little life, at least on weekdays. It is true that every time I flew over without stopping, no activity was reflected.

Call from Quebec to 2.15 p.m. to know if I have chances to go back today or not. For now, this is not possible, just south of Wiarton (airport 80km south) and the sky is covered further down in the south over the ceiling is low and the more chance of rain. It is expected lower sales from 6 p.m. I plan 2:30 flight. I inquire of the time of sunset : 8:45, and we decided with the agent of Fic a call after 5pm to know new elements and make a decision then.


3:40 p.m. gusts decrease significantly in intensity. So that new metar be published, I expect 4:20 p.m. to call Quebec without waiting for 5 p.m.. The conditions were much improved although to Kitchener is not yet perfect. In any case, it seems very doable by Charlie, my little mountain goat. And perfect, it does not exist, it is well known !

So normal procedures to departure and I leave Tobermory close 5 p.m.. The gusts were down but still strong when I fly 45ft above ground, just when I go over the tree line around the runway. The start of the trip along the peninsula came under a cloud band of high altitude, then I found the sun and good heat and i feel too hot when I fly to 2000ft. The trip along the peninsula, about twenty km for about 100 km, has the charm to present together the two shores, that of Lake Huron with west the sun of late afternoon and the Georgian Bay in the sun . It’s always an amazing sight. By far, I see the Chi-Cheemaun between Owen Sound. Cultures resumed a little, or rather extensive livestock pastures are grazed and hay bales are lined in white plastic lines along the meadows.


With the end of the peninsula is also the end of the forest, replaced by meadows and crops in the south. But here the fields are small, their size is closer to those of France than the Prairies and Quebec as well as the ranks ! They are even surrounded by trees. Contrary to the peninsula, it is mostly intensive cattle buildings, silos, manure, smells remind ! Crops, soybeans and beans of all kinds cover the earth uniformly and orange, while those of maize adopt the perfect rectitude of their semi and are dark green.

The further I go south, over the sky is overcast and looks threatening. I keep a cap on gusts up to 3500ft and the last half hour. When I approach the Kitchener-Waterloo, the ceiling drops to 2500ft but the sun came back, I feel the mist settles. And that’s an area where multiple antennas are present, I am worried. I noticed that my GPS does not have the precision of the first, it is able to give me an antenna in front of me while it is 1200ft to the right ... I went down to 2200ft, the gps in panic barriers telling me, I go back to 2500ft, I know that all antennas are not equipped with Strobbe (flashing light) ... yet I can see the city, I see the ground, it must be only one bank of cloud in which I am. Never mind, I have enough visibility to continue, I remain vigilant and will decide later if I have to land before the final. I follow the pink line of the gps to the field of Kathy and Ed. It is remote now less than fifteen nautical miles. When the number of antennas is exceeded, I go down a little. The airstrip appears to me, it’s won. It is 7:35 p.m.. The sun is near the horizon and the clarity is reduced but still sufficient. Luckily I did not wait longer to leave Tobermory because I would not have happened the night before.

Kathy, Ed and Jean are there to welcome me. Charlie finds his place in the hanger for a few days. It’s the end of the 2011 journey to the North.


Commentaires

lundi 13 février 2012 à 20h31

24 septembre 2011 13:56, par odile
au revoir tous mes amis Canadiens, je pars avec le coeur chargé de tout ce que vous m’avez donné cette année encore.
je reviendrai.
bonjour la France.

lundi 13 février 2012 à 20h31

22 septembre 2011 14:49, par odile
bravo Gilles,
c’est bien dans l’article !
et en meme temps, Sylviane en mettait un autre sur l’étape 40, coïncidence !

merci à tous, si vous saviez quel plaisir j’ai eu tout au long de ce voyage, et meme de ces voyages ! que du bonheur. grace aux Canadiens et aux Canadiennes !!! quand on me dit que je suis sans assistance, ce n’est pas vrai, je beneficie de l’assistance de vous tous, à l’occasion des rencontres, c’est la plus belle des assistances que je connaisse. et j’en garde de magnifiques souvenirs associés aux paysages !

bientôt je vous mettrai un petit récapitulatif du voyage comme j’avais fait à mi-parcours.

lundi 13 février 2012 à 20h30

22 septembre 2011 15:10, par odile
profitez bien de ces dernieres traces parce qu’il pourrait bien s’agir des dernieres pour 2011... si je ne peux pas voler ce soir.
il faut bien que je pense à rentrer Charlie avant le départ pour la France samedi, et plier l’aile dans l’humidité ne m’enchante pas du tout. les previsions sont à la pluie chaque jour de la semaine.

ok pour la jounaliste, Sylviane, je prends bonne note.

lundi 13 février 2012 à 20h30

22 septembre 2011 14:48, par Sylviane Chamu
Hello Odile !
J’avais vu sur les traces spots, ton parquage , c’est fou comme c’est précis avec le satellite ! Je t’imaginais , poussant Charlie au fond du hangar ( la trace indiquait le fond du hangar !!! hi hi hi )
Cette étape a encore été riche d’émotions on dirait ! quelle drôle de dame tu es !!! bravo !
Tu vas peut-être avoir un contact avec une journaliste appelée Mathilde Buy. Je l’ai eue au téléphone et j’ai indiqué ton blog ( elle cherche UNE pilote grande voyageuse...tu me paraissais toute indiquée ! )
Bisous +++
Sylviane

lundi 13 février 2012 à 20h29

Etape 41bravo ,odile..cette anne de 2011 as opportee de belle connaissance du nord du canada.. je crois que tu as eu de bonne experience au yukon..bon vol mon amie..
22 septembre 2011 14:36
bonjour ,odile..j’ai peut etre fais erreur et mis le mesage dans le titre...gilles

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mardi 28 mai 2013

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