Etape 05 - Tessalon

5ème étape - lundi 20 juillet - Tessalon/Wawa
dimanche 26 juillet 2009
par  Céline
popularité : 11%

  • 5ème étape - lundi 20 juillet Thessalon/Wawa - 267km

Réveil tôt le matin, avec un petit mal de tête. Le soleil est au rendez-vous, même temps qu’hier. Mes provisions sont intactes sur la branche. Je voudrais partir après avoir fait le plein par précaution, j’appelle donc la commune mais la personne que j’ai au bout du fil ne me comprend pas et c’est bien réciproque d’ailleurs. Après avoir épelé mon nom trois fois, dit que ce n’était pas au bénéfice d’une compagnie, demandé plusieurs fois s’il était possible d’avoir du gas pour mon avion, j’ai remercié la dame et je suis partie pour une autre place. Jean m’a appelée juste après, ça m’a fait du bien d’en parler avec lui.


Avec tout cela, il est déjà tard. En effet, le rangement de mon matériel est plus long que je ne pense : tout faire tenir, tout ficeler de manière sécuritaire demande du temps. J’espère que je vais améliorer l’organisation et les délais.

Direction Sault-Ste-Marie puis Wawa, zone contrôlée où il faudra bien que je m’arrête si je ne veux pas tomber en panne d’essence. Là encore je survole des champs, ce qui me rend la High Way (HW comme dit le GPS routier et l’autoroute pour nous) plus sécuritaire. Elle me permet de couper les vastes lacets qu’elle est obligée de faire pour s’inscrire au mieux dans le relief. Heureusement que je n’ai pas suivi la route rectiligne du GPS, j’aurai certainement gagné du temps car elle est droite. Mais, peu avant Sault-Ste-Marie, au dernier moment, alors que j’envisage de tirer tout droit dans une courbe de l’autoroute, je me rends compte que je vais passer en territoire américain ! Il était temps, je reprends la HW ! J’entrevois le lac Michigan de loin, il est 100% étasunien. Je suis au nœud que forment les trois grands lacs ! Sault –Ste-Marie apparait dans le rayon de 5 MN de zone contrôlée (soit environ 10 km) que je me garde bien d’enfreindre. Après un champ d’éoliennes, le premier, commence tout de suite, alors que maintenant je suis le lac Supérieur, un paysage de plus en plus hostile, plus élevé encore. Que c’est beau !

Le seul axe de sécurité reste maintenant l’autoroute à deux voies (en tout). Le vent souffle complètement en arrière et les 110 km/h annoncés sont ridiculisés par les 150 puis 160 que le GPS indique. Les conditions sont fortes, je ressens le froid, j’ai mal à la tête, je me focalise sur le fin ruban de vie que représente l’autoroute, je la suis au risque d’allonger la route et de réduire l’essence. Mais les conditions sont fortes, je n’ai pas d’autre alternative que de me poser à Wawa. Le GPS est optimiste mais parfois les sillons de la route le font m’indiquer des temps de plus en plus longs avant d’arriver. Heureusement que le vent me pousse, si c’était le contraire, j’aurai payé cher l’incompréhension avec la mairie de Thessalon ! car là, aucun atterrissage d’urgence n’est possible en dehors de l’autoroute à 2 voies et relativement bien fréquentée autant par des camions énormes que par des voitures. J’imagine mal avoir à le faire !

Le fait de suivre la HW me rend les estimations de temps et donc de consommation très imparfaites. Ici, les distances sont énormes et je dois prendre la mesure !

Le paysage change dans le sens où les pentes abruptes laissent apparaitre maintenant un granit parfois violet, parfois noir et par endroit de grandes plages d’un sable complètement blanc. Là aussi, l’effet de la marée est marqué. Malheureusement, ce matin je suis partie avec un seul appareil photo autour du cou et ma batterie ne tiendra pas la matinée. Dommage, j’ai raté des quantités de belles choses, de rivières noires se jetant dans le lac d’un bleu très clair, de méandres, de chutes, de rapides tous plus extraordinaires les uns que les autres.

Je vois la piste de face au moins 15 km avant d’arriver ! Je fais mon approche radio en anglais à Wawa aussi consciencieusement que je peux, personne ne répond. La piste est énorme, comme d’habitude en dur, éclairée et déserte. Quand je suis en finale, je vois un avion turbo (le seul sur ce terrain géant, il ressemble à celui d’hier) quitter le parking, j’entends bien l’annonce. Je comprends qu’il va s’arrêter au point d’arrêt, j’atterris devant lui !


L’espace est grand, je cherche où m’arrêter. Je vise un grand parking avec des pneus remplis de ciment. J’attache Charlie et vais à la rencontre des personnes de l’aéroport. Premiers contacts sympa, un jeune parle suffisamment français, nous arrivons à nous comprendre ! on me demande si j’ai une radio, si j’ai fait les annonces, je confirme et on m’indique que j’étais peu audible, brouillée. Mais ils sont rassurés ! je demande si je peux avoir de l’essence, rester un peu en attendant que le vent soit moins violent. On m’indique le Tim-Hortons à 15 mn à pieds pour m’y restaurer. Je m’y rends, commande de bagel chaud et beurré, de café et de yogourth aux fruits rouges ainsi que deux bouteilles d’eau pour rattraper un peu le retard. Au retour, je demande à consulter la météo. La démarche n’a pas l’air commune, comment font les autres ? les pilotes des petites compagnies ? on m’introduit dans un bureau bardé d’enregistreurs météo en tout genre, je vois même les baudruches des ballons sonde. On me branche sur Internet mais la manip n’est manifestement pas habituelle, par contre je ne suis pas autorisée à l’utiliser à autre chose. Et comme mon téléphone n’est pas desservi, ce soir-là je ne donnerai pas de nouvelles et ce sera la panique pour mes enfants. La prochaine fois je trouverai au moins une solution !

Les conditions vont être fortes toute la soirée, sauf peut-être vers 20h. Je décide de demander si je peux rester ici une nuit. C’est possible, mais les hôtels sont loin. On me demande si j’ai une tente et si je veux camper bien que deux ours aient l’habitude d’utiliser l’aérodrome la nuit, mais sans traverser les pistes. Tous les détails me sont donnés sur l’ouverture des portes, le lieu le plus sûr, la retraite possible si je ne me sens pas en sécurité. .. c’est ok ! je camperai au plus près de la route. Et demain, je partirai au plus tôt pour profiter du beau temps qui va persister. Mais j’aimerai bien ne faire qu’une toute petite étape jusqu’à Marathon (petite pensée pour tous ceux que j’ai connu qui font ou faisaient des marathons…) où Guy de St-Hyacinthe m’a indiqué la qualité de l’accueil. Sinon, je continuerai en direction de Thunder Bay, en espérant trouver de l’essence facilement malgré les distances. Il faut dire que j’apprécie la contenance du réservoir proposé par DTA ! et que sans elle, les choses seraient rendues vraiment difficiles du fait des distances entre deux aéroports notamment en terrain hostile.


Hier et aujourd’hui encore, le Spot n’a pas fonctionné. A chaque fois j’essaie de nouvelles situations ; demain, j’en essaierai encore une nouvelle. Après, il faudra bien que je me résolve à appeler Global Star.

Il est près de 20h, l’aérodrome va fermer, je vais à la rencontre des deux ours !

C’est à ce moment-là que je constate que mon téléphone ne capte pas et que je n’aurai pas la possibilité de joindre Jean pour lui dire que je suis bien arrivée. J’avais voulu attendre pour que le message n’arrive pas dans sa vie de travail…

Je monte ma tente sur le gazon parfait de l’aérodrome, en bord de clôture (4m + 4 rangs de barbelés) et en bord de HW ! devant la grande oie de Wawa. De nombreuses personnes, notamment des motards, ici tous sont en Harley, s’arrêtent et prennent le temps de m’interpeller. Rencontres éphémères mais chaleureuses.


Wake up early in the morning with a headache. The sun is waiting for you, same time yesterday. My provisions are intact on the branch. I would go after the full as a precaution, therefore I call the town but the person that I have on the phone does not understand and it is also reciprocal. After you spelled my name three times, said that it was not for the benefit of a company, asked several times whether it was possible to have gas for my plane, I thanked the lady and I left for another place. Jean called me right after, it has been good to talk with him.

With all this, it is already late. Indeed, the arrangement of my material is longer than I do : take everything, but tie in a safe manner requires time. I hope I will improve the organization and delivery times.

Branch Sault Ste Marie and Wawa, controlled area where it will while I stop if I do not want to fall out of gas. Again I flew over the fields, which makes me the High Way (HW as the GPS said road and the highway for us) more secure. It allows me to cut it wide laces is obliged to register for the best in the terrain. Fortunately, I do not follow the straight road of GPS, I certainly saved time because it is right. But shortly before Sault Ste-Marie, at the last moment, while I draw straight into a curve of the highway, I realize that I’m going to spend in the U.S. ! It was time, I take the HW ! I see Lake Michigan from afar, it is 100% American. I am the node formed by the three major lakes ! Sault Ste-Marie appears in the range of 5 MN controlled area (approximately 10 km) that I am careful not to violate. After a field of wind turbines, the first, begins immediately, whereas now I am on Lake Superior, a landscape that is increasingly hostile, even higher. Que c’est beau !

The only line of security remains the two-lane highway (in total). The wind completely back and the 110 km / h are announced ridiculed by 150 and 160 indicates that the GPS. The conditions are strong, I feel cold, my head hurts, I focused on the ribbon end of life that represents the highway, I’m at risk of extending the road and reduce gasoline. But the conditions are strong, I have no alternative but to ask me to Wawa. GPS is optimistic but sometimes the furrows of the road make me time longer and longer before arriving. Fortunately the wind pushes me, if it were otherwise, I paid dearly for the misunderstanding with the city of Thessalon ! since then, no emergency landing is possible outside the 2-way highway and fairly well attended by all the huge trucks than cars. I guess ill have to do it !

The monitor makes me HW estimates of time consumption and therefore very imperfect. Here, distances are enormous and I have to take the measure !

The landscape is changing in the sense that the slopes show now granite sometimes purple, sometimes black and location of a large sand beaches completely white. Again, the effect of the tide is strong. Unfortunately, this morning I left with only one camera around the neck and my battery will not work in the morning. Too bad I missed lots of sweet things, black rivers that empty into the lake of blue clear of meanders, waterfalls, rapids all more extraordinary than the other.
I see the face of track at least 15 km before arriving ! I make my approach to English radio Wawa as conscientiously as I can, nobody answered. The track is huge, as usual, hard-lit and deserted. When I am in the final, I see a turbo aircraft (the only giant in this field, it looks like yesterday) to leave the parking lot, although I hear the announcement. I understand that it will stop at the breakpoint, I landed in front of him !

The space is great, I look where to stop. I’m aiming for a large parking lot with tires filled with cement. Charlie and I am going to meet people from the airport. Nice first contacts, a young french talking enough, we come to understand us ! I am asked if I have a radio, if I did the ads, and I confirm I have been told that I was just audible, blurred. But they were reassured ! I ask if I can be of the essence, stay a little while the wind is less violent. It says the Tim Hortons in 15-minute walk to help me restore. I go there, order hot and buttered bagel, coffee and fruit yogourth red and two bottles of water to catch up a little late. In return, I ask to check the weather. The approach does not seem common, how are others doing ? Pilots of small companies ? on m’introduit office wrapped in a weather recording in any genre, I can even see the balloons balloons probe. I am connected to the Internet but manip is obviously not normal, by against I’m not allowed to use it for something else. And since my phone is not connected, that night I will not news and it will be panic for my children. The next time I find at least one solution !

The conditions will be strong all night, except perhaps to 20h. I decide whether I can stay here overnight. It is possible, but the hotels are below. People ask me if I have a tent and camp if I want that two bears had the habit of using the airfield at night, but without crossing the tracks. Me all the details are given on the opening of doors, the most secure, if possible retirement I do not feel safe. .. it’s ok ! I camp at the nearest road. And tomorrow I leave early to enjoy the good weather will persist. But I do well just a tiny step until Marathon (little thought for all those I knew who did or marathons ...) where Guy de St-Hyacinthe told me the quality of host. Otherwise, I will continue in the direction of Thunder Bay, hoping to find the essence easily despite the distances. We must say that I appreciate the capacity of the reservoir proposed by DTA ! and that without it, things would become really difficult because of the distance between two airports, particularly in hostile terrain.

Yesterday and today, the spot did not work. Every time I try new situations ; tomorrow, I try yet another. Afterwards, he will have that I resolved to call Global Star.

It is close to 20h, the airfield will close, I’m going to the meeting of two bears !

It was at that time that I see that my phone does not pick and that I will not be able to join John to tell him I’m ready. I had wanted to wait for the message does not arrive in his working life ...

I set up my tent on the lawn perfect airfield, near the fence (4m + 4 rows of barbed wire) and board of HW ! before the great goose of Wawa. Many people, including bikers, here are all Harley, stop and take the time to me. Meetings ephemeral but warm.

  • mardi 21 juillet

    Le lendemain, mes provisions, déposées au pied du poste à essence pour brouiller les odeurs, sont toujours là. Et je n’ai pas vu les ours malgré la lumière sur le terrain toute la nuit et le passage incessant des camions sur la HW qui manifestement contient de nombreuses cotes et virages à cet endroitaussi !

On me proposera de regarder la météo avant mon départ. Elle n’est pas excellente mais possible. Je pars pour Marathon.

The next day, my groceries, filed at the foot of the post to scramble for gasoline odors are still there. And I have not seen the Bears despite the light on the ground all night and the ceaseless passage of heavy trucks on the continent HW which obviously many dimensions and turns here too !
I will watch the weather before I left. It is not excellent but possible. I am going to Marathon.


Commentaires

mercredi 18 avril 2012 à 22h17

6 août 2009 15:37, par odile
bonjour Dominique, c’est super tout ça, je vais avoir du travail de représentation à faire au retour ! merci pour tout ton soutien et l’aide technique que tu apportes à Céline dans son oeuvre d’art.

j’ai des difficultés de comm, entre mon fournisseur de téléphone qui n’a pas d’antennes partout et internet qui me joue des tours... le fait que je vole et que les aéroports ou les endroits où je suis n’ont pas de connection... finalement il m’est difficile de rester en relation, et encore plus d’écrire ou de répondre individuellement. mais j’apprécie tes messages et ceux de tous mes suiveurs, je vis des moments étonnants, et vous y êtes pour quelquechose ! la bise à tous,

mercredi 18 avril 2012 à 22h17

29 juillet 2009 19:19
Bonsoir Odile

presque trop beau pour être vrai ??? profites bien de l’accueil des canadiens, et continue tes "reports" c’est vraiment très interressant et varié. Pour ce qui est de la mine, si tu peux remonter quelques caillous, tu sais, ces trucs jaunes brillants... en sous venirs... Bons vols et à bientôt sur le forum, impatient de te voir de nouveau en france pour que tu nous racontes cette merveilleuse aventure par le menu... Alain

mercredi 18 avril 2012 à 22h16

28 juillet 2009 11:35, par dominique
Bonjour Odile, Je rentre de vacances (une semaine en Normandie formidable). Je viens d’installer à la médiathèque la carte du Canada ainsi que le pavillon que m’a prêté Céline. Ton journal de bord sera lisible de tous et un petit point va se promener sur la carte. Je te souhaite beaucoup de courage très gros bisous

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mardi 28 mai 2013

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