Etape 09 - Fort Frances

jeudi 6 août 2009
par  Céline
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  • Dimanche 2 août - Fort Frances/Steinbach

Aujourd’hui, je fais un voyage de 3h30 et 356 km.

Steinbach se trouve dans la zone de contrôle de Winnipeg, aéroport international, à environ 50 km au sud-est.

Ce vol allie plusieurs particularités. D’abord, je quitte la frontière Canada/ Etats-Unis pour quelques temps en montant vers le Nord. Je ne trouverai plus de bureau des douanes dans les aéroports.


Ensuite, je quitte la région des lacs, c’est-à-dire la brousse. C’est elle qui avait présidé mon choix de suivre les axes de circulation pour avoir un minimum de sécurité en cas de panne. Et là, c’est une découverte incroyable, la forêt fait place à la prairie d’un seul coup. J’avais bien vu la platitude s’installer peu à peu depuis plusieurs centaines de kilomètres, j’avais bien repéré que les lacs avaient disparu du paysage depuis quelques trente ou quarante km, faisant place à des marécages à perte de vue ; mais le passage à la région agricole est presque une ligne que je voyais avancer face à moi du fait des champs de couleurs. Et avec les prairies, je fais connaissance avec les routes au carré.




Autre nouveauté, mon voyage entre dans le Manitoba, plaine céréalière. J’avais commencé par la province de Québec, dont je n’ai connu que les derniers deux cent km au sud, et depuis Ottawa, je n’ai patrouillé qu’en Ontario. Une province énorme, éclectique, qui présente des disparités importantes entre le nord et le sud, tant par sa population importante dans le sud et rare dans le nord, que par ses paysages et ses moyens très inégaux.

Enfin, je viens de dépasser les 3000 km et j’ai volé presque 30h. Pour moi, c’est encore le début, même si ce type de compte me fait prendre conscience que le quart du voyage prévu est déjà réalisé. Je ne suis toujours pas rassasiée de vol.

Bilan des courses, je n’éprouve aucune solitude, aucune angoisse (sauf vis-à-vis des zones de contrôle aérien), je vis l’instant présent comme il vient, je fais des rencontres toutes plus riches et intéressantes les unes que les autres. Quant au climat, il est similaire au notre avec peut-être un peu plus de froid quand même. Les nuits sont entre 6 et 9°C, je vais devoir changer de duvet rapidement si je veux continuer à dormir sous la tente de temps en temps. Les vols aussi sont de plus en plus froids. Mais ce sera peut-être différent avec la prairie.

Aujourd’hui, j’ai décidé d’orienter mon voyage vers le nord dès que je pourrai redécoller plutôt que de continuer de suivre la frontière avec les Etats (comme on dit au Canada). Le temps est plus mauvais au sud et j’espère échapper un peu aux perturbations qui se succèdent et qui ne me permettent pas d’avancer régulièrement. Je ne me plains pas quand même, ça m’a permis de faire des rencontres.


Demain, il doit encore pleuvoir, le ciel commence à se couvrir. Décidément, ce n’est pas encore aujourd’hui que j’aurai l’occasion de voir une aurore boréale.

Mais pourquoi Steinbach ? En attendant, l’aéroport de Steinbach présente plusieurs intérêts. J’ai passé deux jours super sympa avec Patrick, Céline, Marie-Mai et Yannick Langevin de Fort Frances. Ils m’ont fait découvrir leur vie et l’environnement. Nous sommes allés voir une des plus petites chapelles au monde, et dans une réserve amérindienne, nous avons même dégusté une soupe de riz sauvage devant la rivière frontière avec les Etats. C’est eux qui m’avaient suggéré de passer à Steinback car ils avaient apprécié lors d’un passage précédent avec leur Grumman Tiger. Et encore, avec les enfants, ils n’avaient pas utilisé les vélos, eux, ils étaient allés à pieds. C’est un des rares aéroports qui soit tout proche de la ville. Il est jouxté par un golf et Mac Do, les hôtels, les supermarchés sont à un kilomètre au plus.


J’ai vu le passage de la famille entière sur le livre d’or de l’aéroport, le 2 juin 2008. Petite connivence et prolongation avec eux, j’ai signé quelques pages plus loin.


Steinbach est la ville de la voiture et une ville Mennonite ou Amish, c’est cette communauté religieuse protestante qui reste vivre sur le modèle de leur arrivée sur le continent américain il y a de cela trois siècles environ. Demain, je me rendrai à leur fête annuelle.


Ici, mon téléphone portable fonctionne mais pas internet. Je clos donc mon plan de vol par téléphone.

J’ai rencontré quelques personnes qui ne parlaient pas du tout français. Pour quelques uns, j’ai l’impression de les décourager, qu’elles ne savent pas quoi faire devant mon anglais hésitant, comme si rien ne pouvait être dit, que l’essentiel du moment, d’où vous venez, où vous allez...

Mais ça fonctionne quand même très bien avec d’autres. C’est ainsi qu’on m’a gentiment transmis le code du club house où je vais dormir cette nuit. Et celui du local où se servir de l’essence et où deux vélos sont à la disposition des pilotes de passage. J’ai attaché Charlie dehors et je l’ai enveloppé dans des sacs poubelle pour autant que je le pouvais, les pluies de Marathon m’ont laissé des traces inaltérables dans certaines affaires ! Expérience…

Sunday August 2

Today I make a trip 3h30 and 356 km. Fort Frances-Steinbach. Steinbach is located in the control area of Winnipeg International Airport, about 50 km south-east.

This flight combines several features. First, I leave the Canada / United States for some time in climbing to the North. I no longer find the customs office at the airport.

Then I left the lake, ie the bush. She had presided over my choice to follow the roads for a minimum of security in case of failure. And there is an incredible discovery, the forest gives way to prairie in one fell swoop. I had seen the flatness settle gradually over several hundreds of kilometers, I had noticed that the lake had disappeared from the landscape for some thirty or forty km, giving way to swamp the eye, but the transition to the agricultural region is almost a line that I could move my face because of the color fields. And with the prairies, I know the roads to the square.

Also new from my trip in Manitoba, plain cereal. I started with the province of Quebec, which I have known that the last two hundred miles south, and from Ottawa, I have patrolled in Ontario. A huge Province, eclectic, showing significant disparities between north and south, both for its large population in the south and scarce in the north, by its landscapes and its very uneven.

Finally, I come to exceed 3000 km and I have flown almost 30 hours. For me, it’s still early, even if this type of account makes me realize that a quarter of the journey is already done. I’m still not satisfied theft. Assessment of courses, I have no solitude, no fear (except vis-à-vis the areas of air traffic control, I saw the moment as it comes, I make all meetings more rich and interesting than the other . The climate is similar to this with perhaps a little cold anyway. The nights are between 6 and 9 ° C, I will have to change down quickly if I want to continue sleeping in the tent time time. The flights are also increasingly cold. But it may be different with the prairie.

Today, I decided to direct my journey north as soon as I can off rather than continuing to monitor the border with the states (as they say in Canada). The weather is bad in the south and hopefully avoid some disturbances which succeed and which do not allow me to progress steadily. I’m not complaining though, it allowed me to meet. Tomorrow, it still raining, the sky begins to cover. Clearly, this is not today that I will have the opportunity to see an aurora borealis. Steinbach But why ? Meanwhile, the airport Steinbach has several interests. I spent two days with nice Patrick, Celine Marie-Mai and Yannick Langevin Fort Frances. They made me see life and the environment. We went to see one of the smallest chapels in the world, and a Native American reservation, we have even tasted a soup of wild rice to the river border with the States. It is they who suggested me to move to Steinback because they had enjoyed during a previous passage with their Grumman Tiger. And yet, with children, they did not use the bikes, they went on foot. This is one of the few airports which is very close to the city. It is adjacent to a golf and Mac Do, hotels, supermarkets are one kilometer or less.

I saw the passage of the entire family on the guestbook from the airport on 2 June 2008. Small extension and connivance with them, I signed a few pages later.

Steinbach is a city of the car and a city Mennonite or Amish, this Protestant religious community still living on the model of their arrival on the American continent there are that three centuries. Tomorrow I will go to their annual feast.

Here, my phone works but not internet. So I closed my flight plan by telephone.

I met some people who did not speak any french. For some, I feel discouraged, they do not know what to do before my English hesitant, as if nothing could be said that most of the time, where you come from, where you go ...

But when it works very well with others. Thus kindly sent me the code of the club house where I’m going to sleep that night. And the room where the use of petrol and two bicycles are available to drivers passing through. I have attached outside Charlie and I wrapped in garbage bags as far as I could, Marathon rains have left unaltered in some cases ! Experience ...

  • Lundi 3 août à Steinbach, jour férié.

Réveil à 6h, quelqu’un entre dans le club house où je dors. Il dit bonjour et utilise les toilettes, ressort et se dirige vers ce que je croyais être un Dromadaire et qui est en fait un Air Tractor, 1400 Hp. A 6h15, il est en l’air. Je me rendors. A 7h45 il est de retour sous la pluie, plafond à 150m. Il emprunte la piste vent contraire, arrive de face entre les hangars et manœuvre savamment pour ne pas souffler Charlie. Entre la turbine et l’inversion du pas de l’hélice, il fait une démonstration de grande dextérité et reprend en marche arrière l’espace qu’il a quitté plus tôt. Le pilote vient s’excuser de m’avoir réveillée et nous échangeons un peu. Il est allé traiter des champs au bord de la frontière, à 80 km de là, mais il vole à 175 kt, c’est l’affaire d’un quart d’heure ! Il pleut. Il me propose de me poser au Mac Do prendre le breakfast, aujourd’hui ce sera café géant et muffins.

Au retour, le temps est meilleur, je m’arrête au marché aux puces locales (Flea Market), je fais le plein de photos en pensant à Bernadette et à mon entourage de travail !


Et puis le vent se lève et là, je dois descendre l’aile de Charlie. 50km/h au moins avec bourrasques. Le moulin des Mennonite tourne gaillardement. Le temps restera beau entre deux cumulus à base noire et très venteux jusqu’au crépuscule. Je n’imagine pas comment ça peut être beau demain.

Je profite du temps libre pour sauter sur le vélo et aller faire quelques découvertes. Certains magasins ont ouvert leurs portes plus tardivement du fait du jour férié, belle aubaine pour manger frais. Je ne me lasse pas de bleuets, et qui ressemblent à s’y méprendre à des myrtilles, et au Canada en été, c’est presque le fruit national.


Ensuite la fête des Mennonite. Ils ne ressemblent pas à ceux que j’ai pu voir à Kitchener en Ontario. Ceux-là étaient stricts, de noir vêtus et allaient en petite voiture à cheval. A Steinbach, on les identifie à peine. Ils sont originaires d’Ukraine et de Russie. Bénéficiaires d’un musée des temps anciens ils collectionnent tout ce qui a trait à la vie à la campagne des pionniers depuis quelques décennies. J’y vais tard et le gros de la fête est passé, notamment les démonstrations de travail à l’ancienne. La reconstitution d’un village, la conservation en état de marche d’un moulin à farine, d’un grand nombre de matériels d’exploitation agricole et évidemment la musique de l’ouest au violon. C’est anachronique, mais vue l’ambiance, les visiteurs jeunes et moins jeunes apprécient, moi aussi !



Malgré l’absence de connexion internet, je prépare mon vol pour demain, je téléphonerai à la MTO québécoise pour en savoir plus tôt le matin.

  • Monday 3 August at Steinbach holiday.

Wake up at 6 o’clock, one enters the club house where I sleep. He says hello and use the toilet, and appears headed toward what I believed to be a dromedary, which is actually an Air Tractor, 1400 Hp. At 6:15, it is in the air. I am asleep. At 7:45 he was back in the rain, ceiling to 150m. It borrows the track winds, sometimes face between the hangars and maneuver carefully in order not to blow Charlie. Between the turbine and reversing the propeller pitch, he demonstrated great skill and takes back the space that he left earlier. The pilot has just awakened me to apologize and we exchange a bit. He went to deal with fields along the border, 80 miles away, but he flies to 175 kt, it is a matter of minutes ! It’s raining. I propose to ask the Mac Do take the breakfast, now it will be a giant coffee and muffins.

In return, the weather is better, I stopped at the local flea market (Flea Market), I am full of photos in mind Bernadette and my friends work !

And then the wind gets up and then I get off the wing of Charlie. 50km / h with gusts at least. The mill of Mennonite running merrily. The remaining time between two beautiful cumulus based black and windy until dusk. I can not imagine how it can be beautiful tomorrow.

I take time off to jump on the bike and go make some discoveries. Some stores opened late because of the holiday, nice windfall for eating fresh. I never tire of blueberries, and look to be mistaken blueberries, and Canada in summer, it is almost the national fruit.
Then the feast of the Mennonite. They do not resemble those I saw in Kitchener, Ontario. They were strict, dressed in black and went into a small wagon rides. A Steinbach, it just identifies them. They are from Ukraine and Russia. Beneficiaries of a museum of ancient times they collect everything related to rural life of the pioneers in recent decades. I’m late and most of the holiday is past, including demonstrations of the former work. The reconstruction of a village conservation in running a flour mill, a large number of farm materials and the course of western music on the violin. It is anachronistic, but for the ambiance, visitors young and old like me too !

Despite the lack of internet connection, I prepare for my flight tomorrow, I call the MTO Quebec for more early in the morning.


Commentaires

mercredi 18 avril 2012 à 22h19

9 août 2009 11:46, par Bernadette
Bonjour Odile,

c’est sympa de penser à moi ; ça fait plaisir.

Je regarde ton site pratiquement tous les jours

c’est passionnant ! merci de nous faire

partager ton voyage avec autant de précisions

et d’aussi belles photos.

Je suis admirative de ce que tu fais, voire un

peu envieuse, même si je n’aurais jamais le

courage de le faire.

Encore BRAVO et bonne continuation !

Bernadette

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mardi 28 mai 2013

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