Etape 4

vendredi 19 octobre 2012
par  Céline
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  • Étape 4 – lundi 24 septembre 2012 ; d’Ottawa à Peterborough, 337 km ; 4h24 ; 77 km/h

C’est décidé, aujourd’hui je tente un départ. Les conditions annoncées ne sont pas meilleures que les jours précédents. Aujourd’hui, c’est sans pluie et sans brouillard mais avec vent à 35 km/h et rafales à 55. Les conditions sont pires le long du lac Ontario d’une part et sur la pointe de la baie géorgienne d’autre part, je choisis donc de passer le plus au milieu possible. Je vais suivre la HW7. Deux aéroports pourraient éventuellement m’accueillir.


Dès que les enfants sont à l’école, Anne m’accompagne à Rockliff. Le brouillard se déplace au nord de la rivière et il fait un franc soleil dans un ciel sans nuage. Une petite activité commence à régner. Mais les oies ont envahi les pelouses et dorment au soleil. Elles ne seront pas longues à trouver que l’activité devient trop dérangeante et s’en iront plus loin.

Charlie n’a pas souffert de sa semaine au froid, à la pluie, au vent. Il était bien couvert. Tout est sec, même la bâche qui lui sert de couverture. Les préparatifs sont donc rapides. Anne m’aide à remonter l’aile et commence alors la série de rangements, harnachements et vérifications habituels. Je prévois de m’habiller pour des températures froides, il a fait 1°C cette nuit et 13 sont prévus dans la journée. Il y aura donc certainement la formation de cumulus qui me feront monter et descendre comme un bouchon. Quand tout est prêt, nous nous séparons avec tout le bonheur de cette rencontre.


Le décollage est rapide et turbulent, les ailes de Charlie ont tendance à vouloir faire de grands signes à Anne pour lui dire au-revoir ! Je ne traine pas et m’élève rapidement. D’ailleurs, si je voulais me reposer, je ne sais même pas comment je ferais, alors allons voir plus loin si c’est plus propice. Je reprends le suivi de la rivière des Ouataouais vers l’est plutôt que de contourner la zone aérienne d’Ottawa par le nord montagneux où le brouillard stagne. Durant cette descente de la rivière entre les zones habitées, le vent nous pousse et c’est très rapide mais extrêmement turbulent. Tournant plein sud, puis sud-est pour me diriger vers la HW7. Je croise un joli petit aéroport avec piste en herbe où la manche à air se tortille comme un ver de terre au bout d’un hameçon. Au loin des fumées s’échappent en pétard. À partir de ce moment-là, je pense qu’il va m’être vraiment difficile d’atterrir. Je recule donc ce moment et continue. Je suis happée par les rues de nuages successives qui me précipitent dans une danse permanente vers le haut ou vers le bas. Je passe mon temps à vérifier mon altitude qui varie entre 1000 et 2000ft. J’ai bien fait quelques photos en catastrophe, mais le résultat est décevant, 1 sur 10 est nette. Pourtant, le paysage est beau sous le soleil, entre deux nuages, les lacs, la roche, parfois quelques érablières rouges, j’aimerai profiter encore plus de ce vol.


C’est la première fois que l’automne est aussi avancée pour moi. Sûr que le froid et la pluie de la semaine dernière ont beaucoup contribué à ce spectacle de couleurs. Mais je vais vers le sud de l’Ontario et le plus grand nombre d’érablières se trouve au nord de l’Ontario et au sud du Québec, alors j’en vois de moins en moins.

Ma réflexion me mène à penser que je dois essayer à tout prix d’aller jusqu’à Peterborough, je sais que la piste est très large et que les lumières de piste ne sont pas aussi élevées qu’ailleurs, je pourrai toujours tenter d’atterrir dans les conditions les meilleures, y compris travers piste s’il le faut. Alors que si je m’arrête à l’aéroport situé environ à mi-chemin, la prochaine piste, est éloignée de la route de 40 km en terrain très hostile et présente une piste très réduite.


Le problème maintenant est l’essence car je consomme beaucoup à devoir toujours ajuster mon altitude. En aurais-je assez pour arriver ? Je sais que j’ai une piste 20 km avant, celle d’Elmihrst où je me suis posée en 2009, mais je la connais, elle n’est pas large. Les calculs commencent pour contrôler la jauge. J’ai l’impression que ni les km, ni le temps n’avancent alors que la jauge semble chuter. Le ciel est obscurci par un front élevé qui vient du sud-ouest alors que le lac Ontario semble dégagé au loin. Quand je croise Elmihrst au loin, au bord du Lac Rice, je sais que je vais pouvoir atteindre Peterborough. J’y arrive 20 mn plus tard. Un avion décolle, un autre s’annonce à 10mn, je prends mon tour et j’atterris parfaitement entre deux rafales dans un vent travers piste de 20 kt au moins.


Le hangar de Cathy est clos, je lui téléphone et elle me rejoint rapidement. Elle est très étonnée que je vole par un temps pareil. You’re crazy ! Elle m’aide à descendre l’aile de Charlie, installé nez au vent devant la porte du hangar, c’est la position la moins risquée. On l’habille pour la nuit qui promet d’être arrosée et agitée.


Pour en savoir un peu plus sur Cathy, je vous invite à rejoindre cette page : http://fr.womenofaviationweek.org/?... ou cette autre :http://fr.womenofaviationweek.org/b... cette année, Cathy est devenue l’instructrice la plus dévouée au monde dans le cadre de cette organisation mondiale du vol au féminin.

« Cathy Montgomery de Peterborough, ON, CANADA, s’est envolée dans son Trike à cockpit ouvert 19 fois alors que la température de l’air tournait autour de -2° Celsius pour remporter le titre d’Instructrice de Vol La Plus Dévouée Au Monde. » Et pourtant, Cathy ne m’en a rien dit, je l’ai découvert lors d’un échange avec Mirielle Goyer, l’organisatrice de ces manifestations mondiales.


J’ai de la chance, Cathy ne travaille pas aujourd’hui. Elle est ravie de me revoir et de pouvoir prendre un bon moment. Le soir nous regardons le dernier bulletin météo qui parait à 20h ici, je ne partirai pas. Les vents de face atteindront 90km/h dans la nuit et resteront très forts demain. Le lendemain, grasse matinée, visite à Charlie qui n’a pas bougé d’un poil, entretien dans le hangar. Il fait froid, nous décidons de visiter un peu Peterborough, et notamment son écluse munie d’un ascenseur à bateaux le plus haut au monde. Il a déjà près d’un siècle.

Un peu plus loin, je découvre un pont tournant et peut enfin, en voir un de près.


L’après-midi, nous irons faire une ballade à pieds sous le chaud soleil, balayés par le vent.

Le lendemain matin, il pleut et le vent reste très fort. Cette fois, je vais en ville à pieds pendant que Cathy travaille. Le centre ville est à environ 6 km quand même. Au Canada, tout est loin, mais en général chacun a sa voiture et les services collectifs existent peu ; j’aurai quand même pu prendre un bus. Mais voilà, c’est aussi une autre manière de voyager à pieds. Je repense à une super copine Sophie de Courtivron qui a fait le tour du monde seule à pieds, à vélo, en bateau et en train, elle a mis trois ans. Elle va bientôt repartir pour descendre le Zambèze, en canoë (en canadien on dit canou). Je vous donne ses coordonnées au cas où vous auriez envie de visiter son nouveau blog : http://descenteduzambeze.weebly.com... et pour le tour du monde, elle a écrit « Le nez au vent ».

Step 4 - Monday, September 24, 2012, Ottawa Peterborough, 210m ; 4:24 ; 48m/h

I decided to leave today. The forecast are no better than the previous days. Today, no rain and no fog but but wind at 20kt gusting to 30kt. Conditions are worse along Lake Ontario on the one hand and the tip of Georgian Bay on the other, so I choose to spend as much as possible in the middle. I will follow HW7. Two airports could possibly welcome me.


Once children are in school, Anne accompanied me to Rockliff. The fog moves north of the river and it made a big sun in a cloudless sky. A small business begins to reign. The geese had invaded lawns and slept in the sun. It do not be long they found that the activity becomes too intrusive and going further.

Charlie did not suffer from this week in the cold, rain, wind. It was well covered. Everything is dry, over the tarpaulin. Preparations are fast. Anne helped me up the wing. And a series of storage begins, harnesses and regular checks. I plan to dress for cold weather, it was 1 ° C night and 13 are provided in the day. So there will definitely formation of cumulus clouds that will make me go up and down like a plug.

When everything is ready, with all the happiness of the meeting, we say goodbye.

The takeoff is fast and turbulent, the wings of Charlie tend to want to make greats signs Anne to tell her goodbye more ! I do not hang me and rises quickly. Besides, if I wanted to land, I do not even know how I would do, so let’s see later if it is more favorable. I follow Ouataouais River eastward rather than the area around Ottawa Air by the mountainous north where fog is stagnating. During the descent of the river between populated areas, the wind pushes us and it’s very fast but extremely turbulent. Turning south, then southeast to direct me to HW7. I met a nice little airport with grass runway where the windsock squirming like a worm on the end of a hook. Off fumes escaping pissed. From that moment, I think it will be really hard landing. So this time I declined and continues. I’m caught up in the streets of successive clouds rush me into a permanent dance upward or downward.


I spend my time checking my altitude, it varies between 1000 and 2000ft. I’ve done some pictures, but the result is disappointing, 1 in 10 is clear. However, the scenery is beautiful in the sun, between two clouds, lakes, rock, sometimes some red maple, I’d get more out of this flight. This is the first time that colors Fall is so advanced for me. Sure the cold and rain of the last week have greatly contributed to this spectacle of color. But I go to southern Ontario and the largest number of maple is found in northern Ontario and southern Quebec, so I see less and less.

I think that I have to try to go to Peterborough, I know that the runway is very wide and the runway lights are not as high as elsewhere, I can always try to land in the best conditions, including if necessary through runway. So if I stop at the airport located about halfway, the next runway is far from the road of 25 miles in very hostile terrain, and very small.

The problem now is the essence consumes a lot because I always have to adjust my altitude. I’d have enough to get ? I know I have a 25 miles runway before Peterborough, that of Elmihrst where I landed in 2009, but I know it is not large. The computations begin to control the gauge. I feel that neither miles nor time therefore argue that the gauge seems to drop. The sky is obscured by a high forehead that comes from the southwest while Lake Ontario seems clear away.


When I meet Elmihrst off the shores of Rice Lake, I know I can reach Peterborough. I get there 20 minutes later. A plane takes off, another announce landing in 10 minutes, and I landed perfectly between two bursts in a crosswind runway at least 20 kt.

Cathy’s hangar is closed, I call her and she quickly joined me. She is very surprised that I fly in such weather. You’re crazy ! She helps me down the wing Charlie, installed nose into the wind front of the hangar door, is the least risky position. We dressed for the night promises to be watered and agitated.

To more information about Cathy : http://www.womenofaviationweek.org/ or I’m lucky, Cathy is not working today. She was delighted to see me and to take a long time. In the evening we watch the latest weather that seems to 8 pm here, I will not go. The headwinds reach 50kt at night and remain strong tomorrow.

The next day, sleep, visit Charlie has not changed, and we have maintenance a bit. It’s cold, we decide to visit a little Peterborough, and in particular lift lock highest in the world. It has been almost a century. A little further, I discovered a swing bridge and can finally see one up close. In the afternoon, we will go for a walk on foot under the hot and windy sun. The next day, it rained in the morning and the wind is very strong. This time, I’m going to town on foot while Cathy works. The downtown is 3 miles away anyway. In Canada, everything is far away, but often everyone has a car and utilities are no many, I’ll still have to take a bus. But there is also another way to travel on foot. I think about a great girlfriend Sophie de Courtivron has three years toured the world alone on foot, bike, boat and train. She will soon leave for down the Zambezi canoeing. I’ll give you her contact information if you would like to visit her new blog : http://descenteduzambeze.weebly.com... and around the world, she wrote "The nose to the wind."


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