Californie

vendredi 26 avril 2013
par  Céline
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Californie - San Francisco

Bonjour à tous.

Je sais que vous êtes impatients d’avoir des nouvelles.

Je peux vous dire que tout va bien et que j’attends un accord pour vous en dire plus. Dès que je pourrai vous donner plus de détails, je le ferai. J’espère qu’il va bientôt arriver.

En attendant que je puisse vous parler du contexte et de ce qui se passe pour moi, voici quelques réflexions et photos de San Francisco.

Ce qui m’avait marquée d’emblée en arrivant en Californie, c’était les couleurs et les odeurs.



En plus de tout cela, j’ai été conquise par les fleurs, les oiseaux, les arbres. Les eucalyptus sont en fleur à cette saison et c’est un régal de passer à leur coté. Les divers palmiers donnent une note chaude à cette région et il est étonnant de voir le développement des pieds de lavande et de romarin dont les feuilles sont gorgées d’eau, mais aussi les ceanothes, sauges, eschscholtsia sauvages et géants, et de tout petits iris. J’ai vu un seul colibri, un oiseau bleu et roux (le merle bleu), une buse à queue rousse, des urubus (turkey velture) qui se délectent des ground squirels écrasés (famille de 5 types de marmottes, chiens de prairie, spermophiles, gophers, etc.). Et quelques autres oiseaux tous moins farouches les uns que les autres. Ils sont comme les hommes, tranquilles ! Un copain suisse dit qu’ici, tout le monde est en 110 volts, alors que les européens sont en 220.


Mais dans un deuxième temps, ce qui me touche le plus, c’est l’ambiance chaleureuse qui règne dans cet Etat. Les personnes qui vivent en Californie sont heureuses ! Du moins, c’est ce qu’elles montrent dans un comportement respectueux, enjoué, et tranquille. On ressent mieux les chansons de Scott McKensie, San Francisco chantée pour le mouvement Peace and Love né à San Francisco en 1967 ou celle de Joe Dassin, écrite par Maxime Leforestier, la maison bleue.

C’est une maison bleue
Adossée à la colline
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clé
On se retrouve ensemble
Après des années de route
Et l’on vient s’asseoir autour du repas
Tout le monde est là, à cinq heures du soir
San Francisco s’embrume
San Francisco s’allume
San Francisco, où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi

Nageant dans le brouillard
Enlacés, roulant dans l’herbe
On écoutera Tom à la guitare
Phil à la kena, jusqu’à la nuit noire
Un autre arrivera
Pour nous dire des nouvelles
D’un qui reviendra dans un an ou deux
Puisqu’il est heureux, on s’endormira
San Francisco se lève
San Francisco se lève
San Francisco ! où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi

C’est une maison bleue
Accrochée à ma mémoire
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clef
Peuplée de cheveux longs
De grands lits et de musique
Peuplée de lumière, et peuplée de fous
Elle sera dernière à rester debout
Si San Francisco s’effondre
Si San Francisco s’effondre
San Francisco ! Où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi



Ici, le temps n’est pas le même. Personne ne semble vraiment pressé au point de se dépêcher, de courir, de dépasser, de court-circuiter les files d’attente. Mais très nombreux sont ceux qui courent ou font du vélo pour entretenir leur forme. Que ce soit en ville, sur les autoroutes ou au supermarché c’est pareil. La preuve, nous avons pu faire 6 heures de vélo en ville sans casque ni ressentir la moindre notion de risque. Et le vélo, il se pratique sur les trottoirs et sur la voie spéciale quand il y en a une. Les sans domiciles ne sont pas agressifs, ils vivent leur vie avec humour et gentillesse, ils poussent leur caddie ou leur landau rempli de couvertures et de leur menus trésors, ils font collection de bouteilles de plastique, ils chantent. S’ils ont un chien, il est tout aussi calme et tranquille, parfois, il dort dans le landau pendant que son maître veille.



Le risque de tremblement de terre existe mais c’est peut-être lui qui donne cette dimension à la vie qui en fait un temps précieux, mesuré, qu’on ne perd pas ; il sera toujours bien temps de s’en préoccuper le moment venu. L’un des derniers séismes, a laissé des traces discrètes. À l’occasion quelques photos du hangar pourront illustrer ce propos puisqu’une des énormes portes du hangar voisin du notre est demeurée ouverte depuis. Visite de San Francisco : Frisco pour les ringards, SF pour les branchés.


San Francisco, n’est pas la capitale de la République de Californie, il s’agit de Sacramento. Mais c’est une belle ville historique qui a un cachet tout à fait spécial. Certainement que sa géographie lui donne un caractère très particulier. Mais pas seulement. L’ancien et le récent vivent bien ensemble et sont cultivés autant l’un que l’autre. Les vieux bistrots foisonnent ; il semble s’agir d’anciens immeubles rénovés à l’identique modernisé, les poutres de bois ont été remplacées par du plastique moulé à laquelle la pénombre donne une patine d’authentique. La pluralité des migrations successives favorise des quartiers divers, japonais, russes, chinois d’autant que le port a eu une activité importante vu ses dimensions. Dans les trains, les messages s’étalent en quatre langues : l’anglais, l’espagnol, le vietnamien et le chinois alors que dans les bus, le vietnamien y est absent. L’architecture est un savant mélange de ces cultures, influence hispano ou coloniale, moderne ou anglaise. Les escaliers de secours sont en façade et peuvent être dépliés si besoin. Ici, la bière coule à flots, et elle est bonne. Nous avons été étonnés de constater le petit nombre de personnes obèses.


Nous avons vu aussi une grande foule se rendre à un match de base-ball des champions mondiaux : The Giants, l’équipe de San Francisco. Cette équipe joue cinq jours sur sept à guichet fermé, en début d’après-midi. Les trains étaient bondés, qui en famille, qui en filles, qui en copains, se retrouvaient pour soutenir leur équipe, tous habillés aux couleurs de leur équipe favorite : orange, noir et crème. Les provisions de nourriture et de boissons, surtout de bière déjà bue durant le trajet laissaient penser qu’un long moment allait les occupait. Mais on ne voyait aucun supporter d’une autre équipe, aucunes autres couleurs. Très peu de policiers étaient à l’arrivée ou autour du stade, trois voitures avec un seul policier, deux motos tout terrain, éloignées de l’entrée, une femme policière à la gare. Le calme régnait et rien ne pouvait laisser penser qu’il pouvait en être autrement, une partie de plaisir les attendait tous et leurs visages le démontraient. Et cette fois-là, les Giants ont perdu.




La ville de San Francisco est une belle grande ville, comme on la voit dans les films. Elle ne donne pas directement sur le Pacifique mais sur une baie très importante. Le pont suspendu rouge mythique, le Golden Gate Bridge enjambe l’entrée dans la baie que d’immenses bateaux empruntent escortés d’un remorqueur, ainsi que des voiliers. Nous avons même vu un hélicoptère passer dessous le pont. Il est facile d’y accéder. Construit en 1933, il mesure plus de 2,7km en tout, dont 1280m entre les deux piles, le tablier se trouve à 67 m de haut pour une hauteur totale des piles de 230m. En voiture, on paie seulement 6$ au retour, à pied et en vélo, il est gratuit. Nous l’avons même traversé en vélo, aller et retour, il faisait froid mais l’air du Pacifique sentait la mer. Le port n’est plus que « touristique » ou presque, le port marchand étant de l’autre coté de la baie à Oakland. Quatre autres ponts traversent la baie qui fait près de 80 km de long et au plus près entre SF et Berkeley-Oakland plus d’une dizaine. Ce pont là, Bay Bridge a deux étages et un sens de circulation par niveau.




À San Francisco, on trouve des quais (pier) qui donnent accès aux ferries qui traversent la baie, à ceux qui permettent d’accéder à la fameuse ile-prison d’Alcatraz, où séjourna Al Capone, et réputée pour le fait que jamais aucun évadé n’ait réussi à survivre malgré la proximité de la terre ferme. D’autres quais sont réservés à des bateaux militaires visitables et à un trois mats. Les oiseaux maritimes y sont en confiance ainsi que des lions de mer qui occupent des pontons qui leur sont réservés sur un des quais.



C’est ainsi qu’on trouve aussi un quai réservé à l’América’s cup. Grâce aux relations de l’un d’entre nous, nous avons eu la chance de découvrir l’atelier de fabrication d’Oracle, le dernier bateau à avoir gagné la coupe. C’est un lieu relativement secret puisqu’on y voit les modifications qui sont en cours de réalisation pour améliorer encore ses performances. En tout cas, c’est un bateau qui a beaucoup de caractéristiques techniques qui le font ressembler à un avion. Notre pilote d’essai le confirme. Il faut dire qu’Oracle vole sur l’eau du fait de sa conformation, que ce soit celles de la coque catamaran géante et de ses quilles ou celle de son mat en deux ailes jointes rigides et profilées.


Le centre ville de SF épouse le relief dans un sens peu commun pour nous européens. Toutes les rues sont dessinées au carré, et font fi de courbes de niveau. Pour échapper à cette contrainte du fait du paysage, parfois une diagonale redistribue les carrés différemment d’un coté et de l’autre. La pente est parfois extraordinaire, incitant des moyens de locomotion de surface tels que tram, trolley, et surtout les petits wagons accrochés à des câbles enfouis dans la chaussée pour les rues et avenues les plus pentues. Les câbles y tournent perpétuellement, ce qui permet aux petits wagons de se jeter dans des pentes vertigineuses qu’elles soient montantes ou descendantes toujours à la même vitesse. Quand ils arrivent sur un « plateau » c’est-à-dire à une intersection de rues perpendiculaires, ils se retrouvent à plat, se décrochent du câble au milieu du croisement. Alors les voyageurs peuvent descendre et monter. Puis le petit train se raccroche au câble et repart, laissant la circulation reprendre. Tous les bus ont à l’avant des installations pour y accrocher les vélos des voyageurs.


Quant aux trains, ils sont faciles, fréquents, très ponctuels et ne passent que le minimum de temps dans chaque gare. Il faut une heure ou une heure un quart pour se rendre à SF selon les trains rapides ou omnibus. Quand ils sont à deux étages, le deuxième est séparé en deux travées, auxquelles ont accède par un escalier, celui de droite ou celui de gauche. Au milieu, un espace vide qui semble avoir été installé pour que les personnes les plus grandes qui se déplacent dans l’allée du bas ne touchent pas le plafond ! Ainsi, quand on se trouve au premier, il est possible de regarder les personnes de l’étage au dessous.



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mardi 28 mai 2013

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