Etape 16 - Rocky Mountain House

samedi 15 août 2009
par  Céline
popularité : 72%

  • Mercredi 12 août, Rocky Mountain House Ab à Golden Bc, 307 km, 3,5h

La météo d’hier ne laissait pas présager un passage aujourd’hui mais voilà, réveil 5h, comme d’habitude. Connexion et la météo est bonne. Pas de vent, des nuages hauts et seulement 40% de risques de pluie. Ici aussi on dit chance de pluie, comme en France, mais moi je dis risque.

Je me prépare, je suis au terrain vers 8h et prête à décoller quand arrive Kent. Il est inquiet de me voir prête à repartir dans la même direction qu’hier. Peut-être pense-t-il que je n’ai pas eu ou compris les prévisions. Nous allons vérifier au bureau de l’aéroport, tous les tableaux, tous les graphiques, toutes les images satellites, radar et même les photos des routes. Car sur internet, on trouve l’état des routes, notamment aux grands croisements, en webcam. J’attends qu’il dise ok. Quand c’est bon, il ne me reste plus qu’à m’habiller. Et c’est parti.


Dès le début les choses vont mieux qu’hier, c’est vraiment calme pour de la montagne. Et par rapport à ce que j’ai vécu je sais apprécier la différence. Quand je passe au point où j’avais décidé de revenir hier, il est sans contexte possible de continuer mais l’aventure commence vraiment puisque je ne sais pas ce qui est devant. La petite Saskatchewan nord serpente, elle est un torrent que j’imagine sauvage en cas de pluies et de fonte des neiges.

Je contourne les montagnes les unes après les autres en suivant la HW 11 comme prévu. A chaque nouvel angle de la route c’est des découvertes. A un endroit, l’odeur de fumée me parvient avant les images. La montagne a brulé, ce doit être récent, quelques fumerolles existent encore. J’imagine la noria des avions de lutte contre les incendies, ils disposent d’un cercle de 5NM de rayon (10km) et de 7500 ft par rapport au sol pour évoluer ! les notams nous en informe dès qu’ils sont connus. Comment fait-on s’ils ne sont pas (encore) connus ou pas traités ? Certaines vallées sont vraiment très resserrées.


On m’avait prévenue, à chaque croisement de vallée, c’est turbulent, les vents des différentes vallées entrent en conflit et il faut du temps pour retrouver un endroit plus paisible en reprenant un nouveau flux.

Quand je croise la route des glaciers, je sens que les choses changent. Je quitte la 11 et la Saskatchewan pour aller vers le sud. On m’avait dit que ça pouvait peut-être passer en continuant de la suivre, mais qu’il n’y a pas de route en sécurité au besoin ; par contre c’est une économie d’au moins une heure en temps, en essence aussi. J’hésite durant les premiers km de cette route des glaciers, il faut beaucoup monter, la vallée est étroite, sombre, j’ai 15 km de vent de face, ça bouge. Mais je choisis de continuer au-dessus de la route. C’est extraordinaire, je vole au niveau des glaciers, je passe des lacs que je découvre au dernier moment car ils sont toujours plus élevés. Les conditions sont fortes. A chaque fois que je croise un glacier, le vario accuse entre -2 et -5 m/s, il faut remonter après. Mais c’est beaucoup plus stable qu’hier.


Je pilote, c’est tout. Je suis concentrée, et à chaque fois que c’est à nouveau tranquille, je fais attention à bien me détendre pour avoir des muscles réactifs à la prochaine alerte. D’ailleurs, je fais peu de photos, il faut que le moment se prête à lâcher la barre et à tout moment une turbulence peut m’envoyer balader vers l’une ou l’autre des parois. Les performances de ce moteur sont à la hauteur de ce que j’en attendais. Il réagit comme je le sollicite, il conserve une température supérieure à 80° malgré l’altitude et le froid. Je surveille tous mes paramètres, l’essence, le temps.

Dans cette vallée des glaciers, il n’y a même pas de soleil. Finalement, je vole haut, de plus en plus haut, j’atteins 8400 ft, soit près de 3000m, pour me donner de la marge, pour m’éloigner des parois, élargir aussi le domaine de vol, et prévoir l’éventuel croisement avec un autre avion puisque maintenant je suis la route VFR.


Je vois venir une ondée qui passe à quelques kilomètres, j’ai le temps de protéger l’appareil photo dans son sac et je me prends une douche. Bravo Gore-tex !

Malgré l’altitude, je ne ressens pas le froid, mon équipement habituel est suffisant : sous-vêtement dry and warm, polaire, pantalon et veste de ski en Gore-tex , gants de soie dans les manchons garnis de mouton, une seule paire de chaussettes et mes éternelles grosses chaussures. Ce matin, j’avais tellement chaud à Rocky que je n’ai pas pensé à mettre une polaire de plus, et finalement ça suffit et je suis à l’aise, je n’aime pas être engoncée. Plusieurs fois j’y est pensé en cours de vol en essayant de repérer où je pourrais éventuellement retourner pour mettre un vêtement, aller aux toilettes… mais je n’ai vu, de haut, que deux ou trois places seulement sur les 3,5h de vol. Les urgences, c’est la Transcanada, un point c’est tout. Et elle est fréquentée, bien plus que je ne pouvais le penser.


Les paysages sont tous plus somptueux les uns que les autres. Entre les montagnes orange, les glaciers blanc et gris, parfois de glace bleue, les lacs turquoise, la roche et les conifères, c’est une symphonie non seulement de couleurs mais aussi dans les formes, les assemblages, la géométrie du paysage. Chaque nouvelle vallée invite mon imagination dans un nouveau voyage entre les millions d’années qui l’ont vu naître et ce qu’elle livre à mes yeux aujourd’hui. Comme on est petit et éphémère à côté de cette puissance de la nature, montagnes et vents aussi.


Selon les inflexions de la route, je me retrouve avec du vent de face à 15 km, aucun vent et parfois avec peu de puossée. Peu à peu, je me rapproche de Golden, tout en bas dans une grande vallée, point d’aboutissement pour aujourd’hui. Seulement maintenant je ressens du froid. Je descends au dernier moment, je sens la chaleur, mon appareil photo va encore morfler… il n’apprécie jamais et se met en rideau pour un temps incertain de séchage de la condensation dans l’optique.

J’atterris sur une piste en dur. Golden, Bc, 2574 ft 784 m finalement, Golden est à la même altitude que Rocky Mountain House ! encore un fuseau horaire, une heure de moins à la pendule, j’en suis à -7Z, c’est-à-dire -8h par rapport à l’Europe, quand il est 8h du matin pour vous, il est minuit pour moi.

Suite demain…

Wednesday August 12, Rocky Mountain House Ab Golden Bc, 307 km, 3.5 h

The weather yesterday did not presage a shift today, but then, 5h clock, as usual. Connection and the weather is good. No wind, clouds, high and only 40% risk of rain. Again we say chance of rain, as in France, but I say risk. I am preparing, I am to 8am and field ready to take off when Kent arrives. It is concerned to see me ready to go in the same direction as yesterday. Perhaps he thought that I did not understand or forecast. We will check at the office of the airport, all tables, all graphics, all the satellite images, radar images and even roads. Car on the Internet, there are state roads, including major crossings in webcam. I expect him to say ok. When it’s good, it only remains for me to get dressed. And here we go.

From the beginning things are going better than yesterday, it’s really quiet for the mountain. And from what I experienced I know appreciate the difference. When I go to the point where I decided to come back yesterday, it is undoubtedly possible to continue the adventure starts but since I really do not know what is ahead. Early Saskatchewan north winds, it is a torrent I really wild when rainfall and snowmelt.

I bypassed the mountains one after another following the HW 11 as planned. At each new angle of the road it’s discovered. At one place, the smell of smoke reached me before the images. The mountain has burned, it must be recent, some fumaroles still exist. I guess the planes noria fight against fire, they have a circle of 5NM radius (10km) and 7500 ft from the ground to move ! NOTAMs inform us as soon as they are known. How is if they are not (yet) known or treated ? Some valleys are very tight.

I was warned, at each crossing of the valley is turbulent, winds of different valleys are in conflict, it takes time to find a more peaceful place by taking up a new feed.

When I crossed the path of the glaciers, I feel that things are changing. I leave the 11 and Saskatchewan to go south. I was told that it could perhaps spend continuing to follow, but there is no safe route if necessary, for it is against a savings of at least one hour of time, gasoline as well. I hesitate in the first km of the route of glaciers, it takes a long climb, the valley is narrow, dark, I have 15 km of wind, it moves. But I choose to continue over the road. It is amazing, I fly in glaciers, lakes I pass that I discovered at the last moment because they are always higher. The conditions are strong. Every time I cross a glacier, the vario charges between -2 and -5 m / s, we need to backtrack later. But it is much more stable than yesterday.

I pilot, that’s all. I am focused, and each time it is quiet again, I make sure to relax the muscles for the next réactifs alert. Besides, I do some photos, it is necessary that the time is ready to let go of the bar at any time and turbulence can walk me to one or the other walls. The performance of this engine are up to what I expected. It reacts as I seek, it maintains a temperature above 80 ° despite the altitude and cold. I monitor all my settings, gasoline, time.

In this valley glaciers, there is no sun. Finally, I fly high, higher and higher, I reach 8400 ft, or nearly 3,000, for giving me the room to get away from the walls also extend the flight envelope, and predict the possible crossing with another aircraft because now I am the VFR route. I see a wave coming that passes a few kilometers, I have the time to protect the camera in his bag and I take a shower. Gore-tex Bravo ! Despite the altitude, I do not feel cold, my equipment is normal enough : underwear dry and warm, fleece, pants and ski jacket in Gore-tex gloves in silk mutton sleeves trimmed, one pair socks and my eternal big shoes. This morning I was so hot in Rocky that I did not think to put a more polar, and eventually enough is enough and I am comfortable, I do not like being cramped. Several times I was thinking during the flight, trying to locate where I could possibly return to a garment, go to the toilet ... but I have seen from above, only two or three places only on the 3.5 h flight. Emergencies is Transcanada, full stop. And it is attended, far more than I could think.

The landscapes are more beautiful than the other. Between the mountains orange, ice white and gray, sometimes ice blue, turquoise lakes, rocks and conifers, it is not only a symphony of colors but also shapes, assemblies, the geometry of the landscape. Each new valley invites my imagination in a new journey between the millions of years have witnessed the birth and what book to me today. As it is small and ephemeral beside the power of nature, mountains and winds as well. According to the inflections of the road, I find myself with the head wind at 15 km, no wind and sometimes with little puossée.

Gradually, I am closer to Golden, at the bottom in a large valley, end point for today. Only now I feel cold. I get off at the last moment, I feel the heat, my camera is still morfler ... it never does and gets curtain for a time uncertain drying condensation in the optics.

I landed on a paved runway. Golden, BC, 2574 ft 784 m final, Golden is the same height as Rocky Mountain House ! another time zone, one hour less on the clock, I’m 7Z-, ie-8 compared to Europe, when it is 8 am for you, it is midnight me.

Continued tomorrow ...


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mardi 28 mai 2013

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