Etape 02 - Lévis

lundi 7 juin 2010
par  Céline
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  • Lundi 7 juin - 415 km, 3h32 de vol

Je profite de la maison d’aéroport pour passer une nuit au chaud et au sec. L’endroit n’est pas génial mais, vu ce que j’ai pu découvrir durant mon voyage au Canada, je pense qu’il en faudrait peu pour qu’elle devienne un havre d’accueil des pilotes : une fermeture à code, un balai et une toile à laver, un canapé même usagé où se reposer et un micro onde pour se faire une boisson chaude. Une prise internet serait idéale pour prendre la météo car tous les téléphones cellulaires ne disposent pas d’une couverture réseau suffisante. La maison dispose déjà d’eau chaude et de chauffage et d’une belle et grande pancarte de découverte de la ville et de la région. C’est la première fois que je vois cela. Et l’accès téléphonique gratuit à la ville est possible de l’extérieur du bâtiment. Peut-être qu’un ou deux vélos d’occasion seraient également les bien venus pour profiter des commerces locaux, déguster les fameuses crevettes de Matane et profiter du bord de mer.


Il ne manquerait alors plus qu’un registre pour immortaliser officiellement notre pause et dire tout le bien que nous y avons trouvé.


Cet aéroport municipal dispose d’une grande piste en dur munie d’éclairage, qui favorise les accès d’urgence médicale aux Dash 8 (de Havilland Canada DHC-8), c’est un avion civil doté de deux turbopropulseurs. Mais l’aéroport n’enregistre qu’environ 350 mouvements par an venant de l’extérieur. Enfin pas tout à fait, il faut moduler car il ne s’agit que des vols connus, c’est à dire ceux qui se manifestent à Jean-Pierre. C’est la raison pour laquelle l’entretien de l’aéroport pose question à la municipalité du fait de son cout répercuté sur l’ensemble des citoyens de Matane. La réponse au quotidien est apportée en favorisant au maximum la bonne entente avec l’ensemble des utilisateurs du ciel locaux que ce soit grâce à l’aéromodélisme, le paramoteur, le 3-axes et même l’hélicoptère. L’ouverture reste grande.


C’était la première fois que Jean-Pierre accueillait un pendulaire, et il ne voit pas pourquoi ce serait la dernière !

Toutefois, il est plus difficile d’envisager comment ces lieux qui aspirent à une sécurité totale des vols pourraient être mis à la disposition d’autres catégories d’utilisateurs. Car les jeunes de la ville, ont aussi besoin d’espaces un peu isolés. Faudrait-il au contraire envisager d’autres lieux qui répondraient mieux aux besoins divers ? C’est affaire de choix municipaux.


En attendant, mon informatique s’est miraculeusement remise à fonctionner le samedi. Encore un coup de l’ange, probablement !


La fin de semaine s’est passée aux tisons ! Une température de 6 à 8°, un vent de 20 à 40 km/h, un plafond qui noie le haut des pilonnes électriques et des éoliennes dans le brouillard… grâce à l’invitation d’Hélène et de Jean-Pierre, je suis accueillie au chaud chez eux. Chaud, oui, mais surtout un accueil chaleureux ! Eux aussi forment un couple d’amoureux où l’attention et la connivence sont de mise de tout instant. Que de découvertes, que de bons moments simples et intenses… de bons repas, l’anniversaire d’Hélène (on dit la fête plutôt que l’anniversaire), de la musique, des photos, des discussions, des visites à Charlie qui dort embobiné dans ses sacs de plastique. Nous avons même rapporté le variomètre qui ne fonctionnait plus lors du dernier vol : on l’a mis à sécher en espérant que cela suffira à le remettre en forme.






  • Samedi 5 juin

Aujourd’hui, c’est fin de semaine pour Hélène chez qui je suis finalement installée. Hier, quand je suis arrivée à Matane, Jean-Pierre, son conjoint m’a accueillie sur l’aéroport où il est chargé de la surveillance. Depuis, je suis avec eux…


En effet, hier, j’ai fait un grand saut de 400 km. J’ai quitté Denis et Diane et suis partie vers 11h20 de St-Lambert sous un ciel bleu moucheté de petits cumulus qui se sont dissipés plus loin, quand les deux rives du fleuve se sont éloignées. Vous êtes allés sur les traces du Spot ? une petite merveille, non ? surtout quand à l’arrivée on se rend compte que le téléphone ne passe pas et que l’ordinateur ne fonctionne plus du tout !

Mais avant ces découvertes, j’en avais pris plein les yeux. Encore des surprises, encore des paysages incroyables, différents du début jusqu’à la fin, des formes et des couleurs, des conditions MTO nouvelles.



Quatre heures de vol plutôt tranquille le long du fleuve St-Laurent qui s’élargit, avec une seule période de turbulences dues à un relief étonnant avant Rivière-du-Loup : des tas de cailloux, mais pas du même style qu’à St-Hyacinthe. La légende qui m’a été comptée dit que Dieu, après avoir fini son travail de construction du monde et des montagnes en particulier a constaté qu’il lui restait quelques cailloux dans son tablier, il aurait demandé à un ange d’aller le secouer sur le village de Bic….



Parfois, j’atteignais quand même les 140km /h, poussée par un vent un peu de travers. J’ai vu aussi quatre aéroports, une plaine d’éoliennes, des champs de tourbe, le brouillard en bord de rive. Je l’ai surveillé de haut (4500 ft, j’avais froid) pour voir dans quel sens il fonctionnait et pouvoir repartir à temps au besoin. Mais il était plutôt en période de repli et tout s’est bien passé jusqu’à Matane.



Matane est un petit port de Gaspésie où on pêche la crevette. C’est le début de l’estuaire. J’y ai vu aussi une énorme barge qui transportait des grumes, et des bateaux type pétrolier et porte-containers qui descendent et montent le fleuve. Un bac (ici, on dit traversier) joint l’autre rive, trois fois par jour, en 2h15 quand même. L’hiver 2008-2009, il s’est trouvé pris par les glaces à 1 km du port. Il a fallu 3 jours au brise glace pour le libérer. A l’intérieur, les passagers avaient vécu 3 jours de fête !



Jean-Pierre m’a invitée à déguster les crevettes nordiques, produit local. Il m’a préparé des « sous-marin à la crevette ». Il s’agit d’un pain doux, type panini passé au four pour être un peu croustillant, garni de crevettes fraîches, décortiquées (c’est l’usine locale qui le fait) à la mayonnaise du commerce. Je vous montrerai, promis, mais ce ne sera certainement pas des crevettes nordiques ! Pour eux, c’était soirée pizza cuites au bbq, comme chaque vendredi pour fêter la fin de semaine.

Après ce bon repas, Jean-Pierre m’a reconduite à l’aéroport pour y dormir près de Charlie. Je me sens un peu démunie, mon téléphone n’a pas de réseau et n’en aura pas durant toute la traversée de la Gaspésie et ce soir, mon lab top (traduisez micro ordinateur portable) semble avoir rendu l’âme…

  • Du 3 au 5 juin

Trois jours d’un temps qui ne me permettait pas de continuer plus loin, m’ont permis de profiter de la compagnie de Denis et Diane à St-Lambert de Lauzon. Denis était pilote d’hélicoptère jusqu’au jour où, ayant passé la nuit à piloter sur trois urgences médicales de suite dans le Nouveau-Brunswick, il a été lui-même victime d’un accident d’échafaudage dans sa maison ! il est mal tombé d’une hauteur de 1,2m environ et depuis, Denis est tétraplégique. Le monde s’est écroulé pour lui, mais muni d’une volonté de fer et aidé, soutenu par Diane, ses enfants, mais aussi ses collègues, il a trouvé l’opiniâtreté de faire face et de s’adapter à ce qui lui restait d’autonomie. Maintenant, il vole en pendulaire comme moi, mais avec moins de liberté bien sûr puisque son fauteuil l’attend au retour. Ils sont vaillants ces deux-là, et pleins d’humour et de bonheur aussi ! Alors, j’ai passé des jours heureux avec eux ! Merci Diane, merci Denis.


Ils ont une petite école d’ulm , c’est leur fils Bruno qui instruit un peu au-delà de son travail, mais cette année, j’ai eu la surprise d’y retrouver Nicolas Horn dont j’avais fait la connaissance l’année dernière à Beloeil, près de Montréal. Cette année, il tente de faire une association avec Denis et Diane pour ouvrir une école d’autogyre avec le soutien de leur infrastructure. Ce serait probablement la première au Canada. Souhaitons-leur une bonne entente sur ces projets.




Entre deux ondées ou entre deux orages, de nouveaux oiseaux se sont montrés à moi. Il faut dire que le jardin chez Denis et Diane, est pourvu en perchoirs, nichoirs, et mangeoires. J’ai vu aussi un grand beau papillon. Bon, la lumière n’était as géniale et parfois, je photographiais derrière une fenêtre, mais je vous envoie un échantillon quand même.




  • Monday, June 7

I take the home airport for an overnight stay warm and dry. The place is not great, but given what I discovered during my trip to Canada, I think it would not take much for it to become a haven host pilots : a zip code, broom and mop, even a used sofa to rest, a microwave to make a hot drink. An internet connection would be ideal to take the weather as all cell phones do not have sufficient network coverage. The house already has hot water and heating and a nice big sign to discovery of the city and the region. This is the first time I see it. And free telephone access to the city is possible outside the building. Maybe one or two used bicycles would also be welcome to enjoy the Matane’local shops, taste the famous Shrimp and enjoy the seaside.

It would certainly longer than a register to record formally our break and say all the good that we found.

The municipal airport has a wide paved runway equipped with lighting, which promotes access to emergency medical Dash 8 (de Havilland Canada DHC-8) is a civilian aircraft with two turboprop engines. However, the airport only records about 350 movements per year from outside. Well not sure, to be modulated because it is known as theft, just those that occur at Jean-Pierre. That is why the maintenance of the airport raises questions for the municipality because of its cost passed on to all citizens of Matane. The answer is provided daily in seeking the maximum harmony with all users of the local sky whatsoever with model airplanes, paramotor, 3-axis and even helicopters. The opening is great. It was the first time that Jean-Pierre hosted a delta trike, and he does not see why this would be the last !

However, it is more difficult to envisage how these places that aspire to overall flight safety could be made available to other categories of users. For the youth of the city, also need a little isolated areas. Should we instead consider other locations that would better meet the diverse needs ? It is a matter of choice city. Meanwhile, my computer has miraculously returned to work Saturday. Once more the angel, probably !

The weekend was spent at the embers ! A temperature of 6 to 8, a wind of 20-40 mph, a ceiling that drowns the top of electric pylons and wind turbines in the fog ... thanks to the invitation of Helen and Jean-Pierre, I am warm welcome home. Hot, yes, but mostly a warm welcome ! They too are a loving couple when attention and connivance are set any time. That discovery, that good times simple and intense ... good food, the birthday of Helen (called party rather than the anniversary), music, photos, discussions, visits Charlie sleeps wound in his plastic bags. We even reported that the vertical speed was not working during the last flight has been allowed to dry in the hope that it will be enough to get in shape.

Here I discover two wine lovers. Then, with the pace of time between meals and composition, we share the findings. Coffee to start your day with breakfast cereal or toast, fruit, cheese, etc.. (Pronounced etchetera) at noon, more or less one hour soup and dinner at 18h after 17h of work, cooking for the most important meal of the day. It is true that with the weekend we took our time and Jean-Pierre, the officer in the kitchen, has worked to make me taste the local cuisine. Starting with the seapie or cipaille, or six-pasta, spelling is not very defined. It is a bit like baeckeoffe Alsace, a blend of meats. Meat of the forest, meat or fish of the season. Six meats are separated by a layer of dough, baking takes several hours, the result was a wonderfully accompanied by mashed potatoes. Originally, it was a meal on Friday with fishes, but usually, it is a party meal.

And the poached salmon ? a good broth to cook fresh salmon (rather cut into steaks or fillet pieces), a sauce made from a pint of white wine when cooked green onions finely chopped. When the cooking is sufficient, a little cornstarch to thicken slightly, fresh cream and fresh herbs. The poached salmon is topped with the final sauce. A treat.

All this waiting for the weather that will allow me to fly, could I have a good mind to that rate ?



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mardi 28 mai 2013

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